AU RÉDACTEUR DU CENSEUR. 71
reur du roi : avec ce que je vous ai transcrit, ily a quelque chose encore. Il y a d’abord ceci :Le procureur du roi , à M. le commandant de lagendarmerie. Monsieur le commandant; et puis,j’ai l’honneur d’être , Monsieur le commandant ,j avec considération j votre très-humble et très-\ obéissant serviteur.
Le tout s’accorde parfaitement avec veuillez. mettre en prison. Veuillez , c’est comme on dit :
! faites moi l’amitié, obligez-moi de grâce, rendez-| moi ce service, à la charge d’autant. Je suis votreserviteur , cela s’entend. Il est serviteur du gen-darme qui, au besoin, sera le sien; ils sont ser-viteurs l’un de l’autre contre Yadministré qui lespaie tous deux ; car l’homme qu’on emprisonneest un cultivateur. C’est un bon paysan qui a dé-plu au maire en lui demandant de l’argent. Ce-lui-ci, par le moyen du procureur du roi, dontil est serviteur, a fait juger et condamner l’inso-lent vilain, que ledit procureur du roi, par sonserviteur le gendarme, a fait constituer ès-pri-sons. C’est l’histoire connue ; cela se voit par-tout.
Oh! que nos magistrats donnent de grandsexemples ! quelle sévérité ! quelle exactitude scru-puleuse dans l’observation de toutes les formesde la civilité ! Celui-ci peut-être oublie dans salettre quelque chose , comme de faire mentiond’un jugement ; mais il n’oubliera pas le très-