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Tome premier.
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AU RÉDACTEUR nu CENSEUR.

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LETTRE VI.

Véi elz, ij novembre 1819.

Monsieur ,

Dans ces provinces, nous avons nos bandesnoires , comme vous à Paris, à ce que j’entendsdire. Ce sont des gens qui n’assassinent point,mais ils détruisent tout. Ils achètent de gros bienspour les revendre en détail, et de profession dé-composent les grandes propriétés. C’est pitiéde voir quand une terre tombe dans les mains deces gens-là; elle se perd , disparaît. Château, cha-pelle, donjon, tout s’en va, tout s’abîme. Les ave-nues rasées, labourées de çà , delà, il n’en restepas trace. Où était l’orangerie s’élève une métairie,des granges, des étables pleines de vaches et decochons. Adieu bosquets, parterres, gazons, al-lées d’arbrisseaux et de fleurs; tout cela morceléentre dix paysans, l’un y va fouir des haricots ,l’autre de la vesce. Le château, s’il est vieux , sefond en une douzaine de maisons qui ont desportes et des fenêtres ; mais ni tours, ni créneaux,ni ponts-levis, ni cachots, ni antiques souvenirs.Le parc seul demeure entier, défendu par de