LETTRES
9 2
dans le livre de Jansénius. II est question de sa-voir si les évêques auront de quoi entretenir deschevaux, des laquais, et des....
On demandait naguère au grand-vicaire deS.... : Quels sont vos sentimens sur la grâce effi-cace, sur le pouvoir que Dieu nous donne d’exé-cuter les commandemens? Comment accordez-vous avec le libre arbitre \e mandata impossibiliavolentibus et conantibus ? Que pensez-vous de lasuspension du sacrement dans les espèces, etcroyez-vous qu’il en dépende, comme la sub-stance de l’accident? Je pense, répondit-il encolère, je pense à ravoir mon prieuré, et je croisque je le raurai.
C’est un homme à connaître que ce grand vi-caire de S...., homme debonne maison et d’excel-lente compagnie. On dit bien-, l’air aisé ne seprend qu’à l’armée. Il a tant vu le monde ? sa vieest un roman. C’est lui dont l’aventure, à Londres,fit du bruit, quand sa jeune pénitente, belle fillevraiment, épousa le comte d***, officier de cavale-rie. Au bout de quinze jours, la voilà qui accou-che. Le mari se fâcha; demandez-moi pourquoi?et l’abbé s’en alla, par prudence, en Bohème.Là, on le fit aumônier d’un régiment de Croates.Cette vie lui convenait. Sain , gaillard et dispos ,se tenant aussi bien à cheval qu’à table, il disaitbravement sa messe sur un tambour, et ne pou-vait souffrir que de jeunes officiers restassent