AU rédacteur du censeur. r17
ventre le temps de se rendormir, j’aurais conti-nué de la sorte :
Excellens ministres ides hautes puissancesétrangères , ne vous fiez pas trop à vos amis dedeçà. Ils vou^e'n font accroire avec leurs notes se-crètes; non que je les soupçonne de vouloir voustrahir. Ce sont d’honnêtes-gens, fidèles, sur les-quels vous pouvez compter, dont les servicesvous sont acquis, et la reconnaissance assuréepour jamais, incapables de manquer à ce qu’ilsvous ont promis, d’oublier ce qu’ils vous doivent.J’entends par là, seulement, qu’ils s’abusent etvous trompent avec le zèle le plus pur pour vosexcellences étrangères. Venez, il y fait bon ; ac-courez, vous disent-ils. Cette nation est lâche.Ce ne sont plus ces Français, la terreur de l’Eu-rope, l’admiration du monde. Ils furent grands,fiers, généreux. Mais domptés aujourd’hui, abat-tus, mutilés, bistournés par Napoléon , ils selaissent ferrer et monter à tous venans; il n’estbât qu’ils refusent, coups dont ils se ressentent,ni joug trop humiliant pour eux. Quand d’abordnous revînmes derrière vous dans ce pays, nousles appréhendions ; ce nom, cette gloire, nousen imposaie'nt, et long-temps nous n’osâmesles regarder en face. Mais à présent nous lesbravons, chaque jour nous les insultons , etnon-seulement ils le souffrent, mais, le croiriez-vous, ils nous craignent; nous, que vous avez.