DE PAUL-LOUIS.
19.5
rompue, corruptrice, insolente; au lieu de toutcela, une colonie heureuse, active, laborieuse,dont l’exemple autant que les travaux nous pro-fiteront pour bien vivre; colonie qui ne coûterien, ni transport, ni expédition, ni flotte, nigarnison; point de frais d’état-major ni de gou-vernement; point de permission ni de protectionà obtenir de l’Angleterre; c’est autre chose quele Sénégal. Et de fait, remarquez, me dit-il, quel’on envoie ici des missionnaires chez nous, eten Afrique des gens qui ont besoin de terre;double erreur: en Afrique, il faut des mission-naires; en France, des colonies. Là doivent allerces bons pères, où ils auront à convertir païens,musulmans , idolâtres ; ici doivent rester les co-lons , où il y a tant à défricher, et où les domainesde la couronne sont encore tels que les trouvale roi Pharamond.
Cette pensée me plut; mais les gens de Cham-bord, comme vous voyez, ont peu d’envie defaire partie d’un apanage, croyant peut-être qu’ilvaut mieux être à soi qu’au meilleur des princes,à part l’intérêt que chacun peut y avoir person-nellement; car il n’en est pas un, je crois, quin’achetât plus volontiers pour lui-même un mor-ceau de Chambord que le tout pour les courti-sans; ils aiment mieux d’ailleurs pour voisins debons paysans comme eux, laboureurs, petitspropriétaires, qu’un grand, un protecteur, un