iaG RÉPONSE AUX lettres anonymes
de leurs sentimens sur ma conduite et mes écrits.Un pareil commerce, sans doute, aurait quel-ques difficultés sous ces gouvernemens faibles,peureux, ennemis de toute publicité, serait mêmede fait impossible, sans la liberté de la presse,dont nous jouissons, comme dit bien M. de Broë,dans toute son étendue, depuis la Restauration.Si la presse n’était pas libre, comme elle l’est parla Charte, il pourrait arriver qu’un commissairede police saisît chez l’imprimeur toute ma cor-respondance ; qu’un procureur du roi envoyâten prison et l’imprimeur, et moi, et mon libraire,et mes lecteurs. Ces choses se font dans les paysoù règne un pouvoir odieux, complice de quel-ques-uns et ennemi de tous. Mais en France,heureusement, sous l’empire des lois, de la con-stitution, delà Charte jurée, sous un gouverne-ment ami de la nation et cher à tout le monde,rien de tel n’est à craindre. On dit ce que l’onpense; on imprime ce qui se dit, et personne n’apeur de parler ni d’entendre. J’imprime doncceci, non pour le public, mais pour ces personnesseulement qui me font l’honneur de m’écriresans me dire leur nom ni leur adresse.
Paul-Louis Courier, vigneron de la Chavon-nière, bûcheron de la forêt de Larçay, laboureurde la Filonnière, de la Houssière, et autres lieux,à tous anonymes inconnus qui ces présentes ver-ront, salut :