ADRESSÉES A PAUL-LOUIS COURIER. 341
II.
Véretz, le 6 février 1823 .
Vous êtes deux qui m’engagez à faire encoredes pétitions. A votre aise vous en parlez, et vousn’irez pas en prison pour les avoir lues. Mais moi,voyez ce qu’a pensé me coûter la dernière. Quinzemois de cachot et mille écus d’amende, sont-cedes bagatelles? De combien s’en est-il fallu que jene fusse condamné? Les juges ont trouvé monfait répréhensible, et plus répréhensible encoremon intention. La police, dans sa plainte, medénonce comme un homme profondément per-vers ; messieurs de la police m’ont déclaré per-vers, et ont signé Delavau, Vidocq, etc. Je pre-nais patience. Mais, ce procureur du roi,m’accuser de cynisme ! Sait-il bien ce que c’est,et entend-il le grec? Cynos signifie chien; cy-nisme, acte de chien. M’insulter en grec, moi,helléniste juré! j’en veux avoir raison. Lui ren-dant grec pour grec, si je l’accusais d ’xénisme,que répondrait-il ? mot. Il serait étonné. Quandil me donne du chien , si je lui donne de lane ,pourvu toutefois que ce ne soit pas dans l’exer-