35a RÉPONSE AtJX LETTRES ANONYMES
encore et la gouverne. Dans ses affections, il pré-cède l’époux, et s’y maintient toujours. Ce qu’ellen’oserait confier à sa mère, avouer à son mari,lui prêtre le doit savoir, le demande, le sait, etne sera point son amant. En effet le moyen? n’est-il pas tonsuré? il s’entend déclarer à l’oreille,tout bas, par une jeune femme, ses fautes, sespassions, ses désirs, ses faiblesses, recueille sessoupirs sans se sentir ému, et il a vingt-cinqans.
Confesser une femme! imaginez ce que c’est.Tout au fond de l’église, une espèce d’armoire,de guérite, est dressée contre le mur exprès, oùce prêtre, non Mingrat, mais quelque hommede bien, je le veux, sage, pieux, comme j’en aiconnu, homme pourtant et jeune, ils le sontpresque tous, attend le soir après vêpres sa jeunepénitente qu’il aime, elle le sait; l’amour ne secache point à la personne aimée. Vous m’arrête-rez là : son caractère de prêtre, son éducation,
son vœu. Je vous réponds qu’il n’y a vœu qui
tienne; que tout curé de village, sortant du sé-minaire, sain, robuste et dispos, aime sans aucundoute une de ses paroissiennes. Cela ne peut êtreautrement; et si vous contestez, je vous diraibien plus, c’est qu’il les aime toutes, celles dumoins de son âge; mais il en préfère une, qui luisemble, sinon plus belle que les autres, plus mo-deste et plus sage, et qu’il épouserait; il en ferait