37^4 GAZETTE DU VILI.AGE.
ayant preuves et témoins. Il l’a fait, il s’est plaint ;les juges.Ce curé est un de ceux de la révolu-
tion; il prêta le serment et même fut grand-vicaire constitutionnel, homme qui s’est assisdans la chaire empestée ; il a contre lui toute sarobe. Tout ce qui pense bien le tient dûmentbattu et applaudit au maire. Le procureur duroi, sans doute ignorant cela, d’abord prit faitet cause pour l'église outragée, dans l’ardeur deson zèle voulait couper le poing qui avait frappél’oint; mais averti depuis, il a changé de langage,trop tard ; on ne lui pardonne pas d’avoir agi etfait agir la justice dans cette affaire, sans prendrele mot des jésuites. Messieurs les gens du roientre la chancellerie et la grande aumônerie,n’ont pas besogne faite, et sont en peine souvent.Le préfet mieux avisé, instruit d’ailleurs, guidé'par le coadjuteur, les moines, les dévotes et lesséminaristes, en appuyant son maire, et criantanathème au prêtre de Baal, a montré qu’il en-i
tend la politique du jour. Les juges.Comment
faire contre un parti régnant? Ils en eurent grand’honte, et sortant de l’audience, ne regardaientpersonne après cette sentence. Ils ont, bienmalgré eux, pauvres gens, en dépit de la cia- 1meur publique, des preuves, des témoins, con-tdamné le plaignant aux frais et aux dépens. Leparti voulait plus ; il voulait une amende quemessieurs de la justice ont bravement refusée]