43ü PAMPHLET DES PAMPHLETS.
« grands hommes dont les opuscules, désabusant« le peuple payen de la religion de ses pères,
« abolirent une partie des antiques superstitions ,
« et firent des nations nouvelles. De tous temps« les pamphlets ont changé la face du monde. Ils« semèrent chez les Anglais ces principes de tolé-« rance que porta Penn en Amérique, et celle-ci« doit à Franklin sa liberté maintenue par les« mêmes moyens qui la lui ont acquise, pam-« phlets, journaux, publicité. Là tout s’imprime;« rien n’est secret de ce qui importe à chacun.« La presse y est plus libre que la parole ailleurs,« et l’on en abuse moins. Pourquoi? C’est qu’on« en use sans nul empêchement, et qu’une faus-« seté, de quelque part qu’elle vienne, est bien-« tôt démentie par les intéressés que rien n’o-« blige à se taire. On n’a de ménagement pour« aucune imposture, fût-elle officielle ; aucune« hâblerie ne saurait subsister ; le [public n’est« point trompé, n’y ayant là personne en pou-« voir de mentir et d’imposer silence à tout con-« tradicteur. La presse n’y fait nul mal, et en
« empêche.combien ? C’est à vous de le dire,
« quand vous aurez compté chez vous tous les« abus. Peu de volumes paraissent, de gros livres« pas un, et pourtant tout le monde lit; c’est le« seul peuple qui lise, et aussi le seul instruit« de ce qu’il faut savoir pour n’obéir qu’aux lois.« Les feuilles imprimées, circulant chaque jour