432 PAMPHLET DES PAMPHLETS.
« un article de journal, ou une brochure tout au« plus. Et notez ceci en passant, mal compris de« ceux qui chez vous se mêlent d’écrire, il n’y a« point de bonne pensée qu’on ne puisse expli-« quer en une feuille, et développer assez; qui« s’étend davantage, souvent ne s’entend guère,« ou manque de loisir, comme dit l’autre, pour« méditer et faire court.
« De la sorte, en Amérique, sans savoir ce que« c’est qu’écrivain ni auteur, on écrit, on irn-« prime, on lit autant ou plus que nulle part« ailleurs , et des choses utiles, parce que là vrai-« ment il y a des affaires publiques, dont le« public s’occupe avec pleine connaissance, sur« lesquelles chacun consulté opine et donne son« avis. La nation , comme si elle était toujours« assemblée, recueille les voix et ne cesse de dé-« libérer sur chaque point d’intérêt commun, et« forme ses résolutions de l’opinion qui prévaut« dans le peuple, dans le peuple tout entier, sans« exception aucune; c’est le bon sens de Franklin.« Aussi ne fait-elle point de bévues et se moque« des cabinets , des boudoirs même peut-être.
« De semblables idées dans vos pays de bou-« doirs, ne réussiraient pas, je le crois, près des« dames. Cette forme de gouvernement s’accom-« mode mal des pamphlets et de la vérité naïve.« Il ferait beau parler bon sens, alléguer l’opinion« publique à mademoiselle de Pisseleu, à made-