Band 
Tome troisième.
Seite
21
JPEG-Download
 

Il

ÉCRITES DE FRANCE ET d’iTAEIE.

y répondre, croyant qu’il ne me faudrait pourcela que de l’encre et du papier. Ce fut le tempsqui me manqua, chose rare en ce pays-là où l’onen perd plus qu’ailleurs.

De Paris je suis venu ici, où les premiers mo-mens que je puis arracher à des affaires odieuseset à des conversations humiliantes pour unhomme accoutumé à causer avec vous, je les em-ploie , non à vous répondre ( c’est un plaisir queje me réserve de goûter à mon aise et sans dis-| traction ), mais à vous apprendre que je m’yl prépare ; que bientôt je serai hors de l’enfer que| je traverse, et qu’alors mes lettres, loin de se| faire attendre, provoqueront les vôtres et vousl importuneront peut-être. Si cette phrase est em-\ brouillée, vous saurez bien certainement y dé-■ mêler ma pensée, qui est : que rien au monde neï; peut me faire plus de plaisir qu’une correspon-dance comme la vôtre qui, en flattant mon amour-propre , eù<ppaivei autant par la satisfaction

que j’éprouve à recevoir de vos nouvelles, que parle souvenir des heures agréables que j’ai passées

. dans votre entretien.

s

; J’aime fort le récit que vous me faites de voscourses dans les Pyrénées; mais pourquoi faut-ilque l’idée de ce charmant voyage vous soit ve-nue si tard? Je ne vous cacherai pas que d’abordje vous en ai voulu un peu d’avoir attendu, pouraller à Bagnères, que j’en fusse revenu, et, qui