ÉCRITES DE FRANCE ET o’iTALIE. 65
réception , apostiller en marge les lettres à ré-pondre et celles répondues. Là, des troupes ré-glées d’écrivains expédient paquets sur paquetsfont tète de tous côtés à nos états-majors, qui lesattaquent de la même furie. Voilà vos paresseuxd’écrire; allez, Monsieur, il serait aisé de vousdémontrer, si on voulait vous humilier, que detous les corps de l’état, c’est l’académie qui écritle moins aujourd’hui, et que les plus grands tra-vaux de plume se font, par des gens d’épée.
Je réponds, comme vous voyez, non-seulementà tous les articles, mais à chaque mot de votrelettre; et je vous dirai encore, en style de maîtrefrançais, qu’une nation, dont on fait ce qu’on
veut, n’est pas une cire mais une.et qu’on n’en
saurait rien faire qui ne soit fort dégoûtant. Aris-tophane doit l’avoir dit. Ainsi la métaphore nevous surprendra pas. Au reste, nous portons lessottises qu’on porte. C’est tout le compliment queje trouve à vous faire sur ces nouveaux brimbo-rions, qu’assurément vous honorez. Pour moi,j’ai été élevé dans un grand mépris de ces cho-ses-là. Je ne saurais les respecter, c’est la faute demon père.
Eh bien ! qu’en dites-vous ? suis-je si pares-seux, moi qui vous fais, pour quelques lignes quevous m’écrivez, trois pages de cette taille? Vousvous piquerez d’honneur, j’espère, et ne voudrezpas demeurer en reste avec moi.nr.
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