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Tome troisième.
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ÉCRITES DE FRANCE ET D’iTALIE. 8()

porte de quel grade, qui a fait partir ce détache-ment sans songer à rien, sans savoir, la plupartdu temps, si les passages étaient libres, informéde la déconfiture, s’en prend aux villages voi-sins ; il y envoie un aide-de-camp avec cinq centshommes. On pille, on viole, on égorge, et ce quiéchappe va grossir la bande du sous-diacre.

Me demandez-vous encore, madame, à quois’occupe ce commandant dans son cantonnement?s’il est jeune, il cherche des filles; s’il est vieux, ilamasse de l’argent. Souvent il prend de l’un et del’autre : la guerre ne se fait que pour cela. Mais,jeune ou vieux, bientôt la fièvre le saisit. Le voilàqui crève en trois jours entre ses filles et son ar-gent. Quelques-uns s’en réjouissent; personnen’en est fâché ; tout le monde en peu de tempsl’oublie, et son successeur fait comme lui.

On ne songe guère où vous êtes si nous nousmassacrons ici. Vous avez bien d’autres affaires :le cours de l’argent, la hausse et la baisse, lesfaillites, la bouillotte ; ma foi votre Paris est unautre coupe-gorge, et vous ne valez guère mieuxque nous. Il ne faut point trop détester le genrehumain, quoique détestable ; mais si l’on pouvaitfaire une arche pour quelques personnes commevous, madame, et noyer encore une fois tout lereste, ce serait une bonne opération. Je resteraissûrement dehors, mais vous me tendriez la mainou bien un bout de votre schâle (est-ce le mot?),