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ÉCRITES DE FRANCE ET D’iTALIE.
mière ; mon domestique est crucifié quoiqueindigne et je reste avec une chemise qui ne m’ap-partient pas. Cependant mes camarades qui n’ontpas bougé de Naples, ou qui peut-être ont passédix jours devant Gaéte où nous avons perdu entout dix hommes de l’artillerie, ont eu tous del’avancement et des faveurs. Il n’est qu’heur etmalheur. Ceux-là ont pris Gaëte. On ne demandepas comment, ni en combien de temps, ni quelledéfense a faite la place. Nous, on nous a rossés a ;pouvions-nous ne pas l’être ? c’est ce qu’on n’exa-mine point ; mais par Dieu ! ce ne fut pas la fautede l’artillerie qui toute s’est fait massacrer ouprendre, et de fait se trouve détruite, sans pou-voir être remplacée.
Maintenant nous faisons la guerre ou plutôt lachasse aux brigands, chasse' où le chasseur estsouvent pris. Nous les pendons; ils nous brûlentle plus doucement possible, et nous feraientmême l’honneur de nous manger. Nous jouons,avec eux à cache-cache;, mais ils s’y entendentmieux que nous. Nous les cherchons bien loinlorsqu’ils sont tout près. Nous ne les voyons ja-mais; ils nous voient toujours. La nature du payset l’habitude qu’ils en ont font que, même étant
1 Chappuy. Il avait été pris à Reggio et débarqué par les Anglais àGènes.
a A Sainte-Euphémie, le 4 juillet.