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LETTRES INÉDITES,
Cela est vrai, moralement et géographiquementparlant. Confinés au bout de Fltalie, nous ne sau-rions aller plus loin, et nous n’avons ici non plusde grades à espérer que de terre à conquérir. Parpitié ou par amitié, tire-moi de ce cul-de-sac. Ote-moi d’une passe où je suis déplacé, et où je nepuis rien faire. Invoque, s’il est nécessaire poursi peu de chose, ton patron et le mien, le géné-ral Duroc. Parle, écris, je t’avouerai de tout,pourvu que tu m’aides à sortir de cette botte, aufond de laquelle on nous oublie. Si cela passe tonpouvoir, si l’on veut â toute force me laisser iciofficier sans soldats, canonnier sans canons, s’ilest écrit que je dois vieillir en Calabre, la volontédu ciel soit faite en toute chose !
On trouve ici tout, hors le nécessaire : des ana-nas, de la fleur d’oranger, des parfums, tout ceque vous voulez, mais ni pain, ni eau.
A MADAME PIGALLE,
A LILLE.
Milelo, le a 5 octobre 1806.
Vous aurez de ma prose, chère cousine, tantque vous en voudrez, et du style à vingt sous,c'est-à-dire du meilleur, qui ne vous coûtera rien