LETTJRES INÉDITES,
I 52
A M. GUILLAUME,
SOUS-INTENDANT MILITAIRE AU SERVICE DE NABLES.
Foggia, le 20 mars 1807.
C’est à présent, mon cher sous-intendant, oupour mieux dire sous-ministre, qu’il faut me pro-téger tout de bon, et mettre aux pieds de SonExcellence le tableau de mes misères. Il y a dequoi attendrir le cœur même d’un ministre. Maissi votre éloquence appuie mes humbles suppli-cations, je ne doute point que Monseigneur n’ob-tienne de Sa Majesté une décision particulière enma faveur, moyennant quoi on me paiera lemontant de mes états de perte, lesquels existentduement certifiés, visés, enfilés et oubliés dansvos paperasses.
Si c’est vous, comme je crois, qui avez rédigéla lettre de monseigneur l’ordonnateur en chefà monseigneur le ministre, relative à mes lamen-tations , le diable vous puisse emporter. Que vousen coûtait-il de convenir que j’étais à plaindre,et digne, autant pour le moins qu’aucun de ceuxqu’on a remboursés, de la compassion du roi?Si cela était vrai, comme il l’est, il le fallait at-tester pour l’amour de la vérité sinon pour l’amour