I 88 LETTRES INÉDITES ,
veux goûter à mon aise. Je m’arrêterai bientôt àPise, à Livourne ou ailleurs, et, dès que j’auraiposé le pied quelque part, j’entrerai en fonctionscomme votre interprète, et ferai de mon mieuxpour transmettre à nos Français vos charmantesleçons.
J’ai vu Lamberti à Milan. Nous causâmes fortde vous; il avait reçu vos lettres, et il voulaitque je lui montrasse votre Perspective. Je l’auraissatisfait, sachant que c’était votre intention ;mais le cahier était dans ma malle, et ma malleétait en chemin. Lamberti est bien à cette cour,bien logé, bien payé, bien vu de tout le monde;il doit être heureux, et il le mérite.
Ne tardez point trop, je vous prie,, à me don-ner de vos nouvelles; et si vous êtes paresseuse,comme je le crois, ne vous déplaise, faites-moiécrire par quelqu’un de vos seiS’étaires. C’est detous mademoiselle Henriette dont je lis le mieuxl’écriture. Ses vers m’y ont accoutumé, car je leslis souvent, et je les montre aux gens que je veuxétonner. J’espère que ses mains ne souffrentplus, et vont reprendre cette plume dont tousles traits sont divins. Si elle a composé quelquechose de nouveau, employez, je vous prie, votreautorité, pour que cela me soit envoyé.
Voudrez-vous bien, madame, présenter monrespect à madame Caroline? Il faudrait m’étouffersi j’oubliais jamais le bon traitement qu’elle me