iZo LETTRES INÉDITES,
ne m’aura point oublié, est après vous, mon-sieur, le seul homme auquel je puisse me recom-mander pour le succès de cette affaire. Je vousprie de vouloir bien, en lui faisant mes compli-mens, l’intéresser un peu pour moi, et l’assurerque toutes mes langues seront employées à lelouer d’un si grand bienfait.
J’étais tenté de faire encore cette guerre d’Es-pagne, et je l’ai demandé; mais on m’a refusé.Une si belle occasion de m’aller faire estropiersur les pas des Césars ne reviendra plus pour moi;car si Dieu ne change mes résolutions, je met-trai bientôt mon armure au croc. Je sais à pré-sent ce que c’est que la guerre et les guerriers; jem’en vais, et dis comme Athalie : J’ai voulu voir,fai vu.
Vos lettres, vraiment, me font un grand plai-sir, et la dernière toujours plus que les autres ;mais je n’ose vous en demander à cause de votrevue. U m’en faut cependant; écrivez-moi donc,mais peu, seulement pour me prouver que vosyeux voient et que vos mains agissent. Adressez àMilan, où je serai dans un mois.