ÉCRITES DE FRANCE ET D’iTALIE. 33^
qu’il fallait se taire ou parler plus civilement. Maissongez, s’il vous plaît, qu’on tâchait à me fairependre. Que voulez-vous, monsieur? j’ai eu peur,non des cuistres, mais des satrapes de la littéra-ture. Voyant à mes trousses chiens et gens, j’aifait le moulinet avec mon bâton, sans trop re-garder où je frappais.
Vous avez bien de la bonté de penser à monXénophon. Son malheur est d’être sorti de vosmains. Je ne sais bonnement où il est, ni ce qu’ildeviendra. Un M. Stone l’avait imprimé à moitié,assez mal. Voilà tout ce que je puis vous en dire.Je serais fâché seulement que le manuscrit seperdit, car c’est un travail que ni moi ni autrene saurait refaire, et qui, à vrai dire, ne se pou-vait faire que dans les casernes et les écuries oùje vivais alors.
Oui, monsieur, j’ai enfin quitté mon vilainmétier, un peu tard, c’est mon regret. Je n’y aipas pourtant perdu tout mon temps. J’ai vu deschoses dont les livres parlent à tort et à travers.Plutarque à présent me fait crever de rire. Je necrois plus aux grands hommes.
Sur ce que vous me demandez si je reste enItalie, je puis bien vous dire, monsieur, ce queje projette en ce moment; mais ce qui en sera,Dieu le sait. Car, outre l’incertitude ordinaire del’avenir, j’ai peu d’idées fixes, et je trouve mêmeune espèce de servitude à dépendre trop de ses
ni.
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