Band 
Tome troisième.
Seite
353
JPEG-Download
 

353

ÉCRITES DE FRANCE ET ü’iTALIE.

point assez, quoique vous vous disiez rétabliede votre dernière grosse maladie. C’est la se-conde, à ma connaissance, depuis à peine deuxans que je vous ai quittée, sans parler d’une autreun peu plus ancienne dont je me souviens très-bien. Se peut-il que vous soyez si souvent ma-lade? vous êtes forte, et la nature vous a donnéce qu’il fallait pour être exempte de tous maux.Ne seriez-vous point un peu livrée à la médecine?Donnez-vons-en de garde, et tenez pour sûr quecet art est un des fléaux de l’humanité. Molières’en est moqué; mais rien n’est moins plaisant.Ènfin, que vous dirai-je? cette idée m’est venue;ne sachant à qui m’en prendre des variations devotre santé, c’est eux que j’en accuse, je veuxdire les médecins. Je n’ai pas peur de leur attri-buer plus de mal qu’ils n’en font ; mais pourvuqu’ils vous respectent, je leur pardonne tout lereste.

J’ai passé, contre mon dessein, cet hiver àRome, fort doucement, je vous assure, sans feu,sans froid, sans ennui (j’étais à mille lieues dem’ennuyer), et Dieu merci sans amis. Oui, ma-dame, j’ai pris en grippe l’amitié comme la méde-cine, et le tout par expérience. Je n’en suis niplus chagrin ni plus misanthrope pour cela; aucontraire je veux vivre avec tout le monde ; maispoint d’amitié, s’il vous plaît; messieurs, pointd’amis ; je ne suis plus dupe. J’ai donc eu cetru. ot?>

* /