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Tome troisième.
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ÉCRITES DE FRANCE ET D’iTALlE. 383

promène, je griffonne pour passer le temps ; maissurtout je nage deux fois par jour avec un plaisirinfini; j’ai fait de grands progrès dans cet art.Mon école de natation à Paris m’a bien profité,j’y ai fait de nouvelles études en regardant lesgrands nageurs, et me voilà un tout autre homme,comme Raphaël quand il eut vu les peintures deMichel-Ange. Il me faut maintenant si peu demouvement pour me tenir sur l’eau que j’y restedes heures entières sans me fatiguer, ni penserseulement où je suis, et que j’ai sous moi unabîme, car je me fais conduire en pleine mer :là je suis bercé par les vagues; j’oublie... et meschagrins et mes sottises pires que tout le reste.

Mon bonheur dépend de toi... douces parolesdont peut-être à présent tu ne te souviens plus.C’est pourtant de ta dernière lettre. Ce ne sontpas seulement ces choses-là qui me les font aimertes lettres ; mais c’est que vraiment tu écris bien ,et beaucoup mieux que ceux ou celles qui ontcette prétention. Ton expression est toujoursjuste, et tu as de certaines façons de dire... Tu tepeins toi-même dans ton style; et moi qui te con-nais, je vois dans chaque mot ton geste, ton re-gard, et ce parler si doux, et ces manières quim’ont conduit au 12 mai. Il y a cependant quel-que chose à dire à cette lettre ; c’est que tu ne meparles guère de toi. Tu n’entres dans aucun dé-tail. Tu ne me dis point ce que tu fais, ce que tuvois, et sans doute tu ne peux pas tout me dire.