ÉCRITES DI! FRANCE ET u’iTALIE. 385
Mais je me trouvai bien trompé. J’avais beauchercher des termes, je ne pouvais rendre à mongré ce qui, dans mes auteurs, paraissait toutsimple; et plus le sens était clair et naturel, plusl’expression me manquait. Cependant, soit obsti-nation , soit défaut d’autre distraction, soit dépitde trouver au-dessus de mes forces un travail quim’avait paru d’abord si facile, je fis vœu, quoiqu’il m’en coûtât, de mettre à fin la traductionque j’avais commencée d’un petit discours grec.C’était l’éloge d 'Hélène, composé par lsocrate;et pour soutenir mon courage dans cette entre-prise, il me vint une idée, que vous appellerezcomme il vous plaira ; pour moi je la trouve unpeu chevaleresque, si j’ose le dire. Ce fut de mefigurer que je travaillais pour vous, madame ;que vous verriez avec plaisir cette copie, quelquefaible qu’elle fût, d’un si beau modèle; qu’ayantpeint Sapho en vers dignes d’elle, vous ne seriezpas indifférente au portrait Hélène , de la pluscélèbre des belles, à laquelle vous deviez, parlemême esprit de corps, vous intéresser aussi bienqu’à la dixième muse. Tout cela, comme vousvoyez, madame, n’était qu’une fiction dont je meservais pour tromper ma propre paresse, par cechimérique espoir de vous plaire ; car, au fond,j’avais résolu de ne jamais vous en parler. Maisadmirez le pouvoir de l’imagination ! je ne mefus pas plus tôt mis cette fantaisie dans l’esprit,ai. a5