ÉCRITES DK FRANCE ET d’iTALIE. 38c)
ment trouvé des places pour ses enfans, aux-quels n’auraient manqué ni l’encens, ni les au-tels. Mais son dessein n’était pas qu’ils prissentrang parmi les dieux, avant de l’avoir mérité au-trement que par leur naissance : il voulait nonque le ciel les reçût, mais qu’il les demandât, etqu’à leur égard l’admiration seule forçât les vœuxde la terre. Sachant donc que cette gloire quidevait les conduire à l’immortalité ne s’acquiertpoint dans la langueur d’une vie oisive et cachée,mais se dispute au grand jour, comme un prixque l’univers adjuge au plus digne, il multipliapour eux les périls et les aventures, dans lesquelsHercule, défaisant les monstres et punissant lesbrigands, se servait de sa force à exterminer lecrime \ Hélène, armant pour sa conquête les plusvaillans hommes d’alors, et ajoutant à leur cou-rage l’aiguillon de la rivalité, employait ses char-mes à faire briller la vertu.
« Elle ne faisait encore que sortir de l’enfance,quand Thésée, l’ayant vue dans un chœur dejeunes filles, fut frappé de cette beauté, qui, àpeine commençant d’éclore, effaçait déjà toutesles autres. Accoutumé à tout vaincre, ce fut àlui, cette fois, de céder à tant de grâces; et quoi-qu’il eût dans son pays tout ce qui pouvait satis-faire les désirs et l’ambition, croyant dès lors n’a-voir rien s’il ne possédait Hélène , et n’osant lademander ( parce qu’il savait que les Oracles de-