DK l’équitation. 271
de langue, et la rigueur au piper , il prendral’habitude contraire, se calmera au temps delangue, et s’animera aussitôt qu’il s’entendrapiper.
Il faut éviter soi-même d’éprouver, au son detrompette, ou au cri de la charge, aucun tres-saillement dont le cheval s’aperçoive, et encoreplus de rien faire alors qui puisse le troubler;mais, autant qu’on pourra en pareille rencontre,on tâchera de le rendre tranquille, et même, s’ilest possible, on le fera manger au bruit. Aprèstout, le meilleur conseil qu’on puisse suivre,c’est de n’avoir point pour la guerre de chevauxtrop ardens. Quant au cheval lâche et pares-seux , c’est assez de dire qu’il faut avec lui em-ployer les traitemens contraires à ceux qu’on aprescrits pour les chevaux fougueux.
Si quelqu’un montant un bon cheval de guerre,veut le faire paraître avantageusement, et pren-dre les plus belles allures, qu’il se garde bien dele tourmenter, soit en lui tirant la bride, soit enle pinçant de l’éperon ou le frappant avec unfouet, par où plusieurs pensent briller; mais detels moyens produisent justement le contraire dece qu’on en attend : car, obligeant le cheval à por-ter au vent, on l’empêche de voir devant lui, eton le fait marcher en aveugle ; en le piquant et lebattant on le désespère, non sans danger poursoi-mème: d’ailleurs, ainsi maltraité, il se déplaît