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Premier volume.
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43
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DIVERSES INSCRIPTIONS DE MESSÈNE ,

RECUEILLIES PAR M. CH. LENORMANT, ET EXPLIQUÉES PAR M. LEBAS.

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ÀpicTo^ouXo; ÀptffToPouXou , Nojiioç ÀtXiavoç ,ypapipiaTsùi; 2ü<poç , yaXi£o<popoç RXaurîto; TpcoiXo;.

Sous le prêtre Cresphonte , l'an i ü r j,agonothète

Tib. Claudius Aristomène , fils de Crispianus,sacrificateurs

Aristobule fils d’Aristobule (et) Novius Aelianus,greffier Sophus , chalidophore Claudius Troïlus.

Ce monument figure dans le Corpus Inscriptionum grœcarum de M. Boeckh sous len° 1297. La copie de M. Lenormant, comparée autexte de Walpole suivi par l’éditeur, ne présente que deux variantes : ligne 1, IEPE 02 ; 1 . 2, ArONO0ETH2. J’ai cru devoir les reproduire,sauf à rétablir les véritables leçons dans le texte en caractères courants.

M. Boeckh conjecture, d’après Reinesius 1 , que l’ère suivie dans cette inscription est l’ère achéenne, dont la première année date de lasoumission de l’Achaïe par les Romains, l’an de Rome 608, avant J.-C. i/|6- L’année i 5 r ] correspondrait donc à l’an de Rome 764-765,de notre ère i2-i3, un an ou deux après l’adoption de Tibère par Auguste .

Il est certain que la présence des noms Tiberius Claudius (1. 3), et Claudius (1. 6), ne permet pas de supposer cette inscriptionantérieure à l’époque où la famille Claudia obtint, dans la personne de Tibère , la puissance impériale; toutefois je pense que l’année 157se rapporte, non à l’ère achéenne, mais à l’ère d’Actium 2 , 3o avant J.-C. L’usage de prendre la victoire d’Octave sur Antoine pour pointde départ d’une ère nouvelle s’était étendu jusqu’en Syrie 3 4 , et on ne saurait s’étonner de le trouver établi en Grèce . Il est bien vrai qu’enSyrie 4 cette ère ne se montre plus sur les monnaies à partir du règne de Tibère ; mais on peut présumer, avec quelque raison, qu’enMessénie, on la conserva sous ce prince par un sentiment de reconnaissance. La Messénie avait eu à se louer de Tibère . Tacite nousapprend 5 que dans la contestation qui s’éleva entre les Lacédémoniens et les Messéniens relativement à la propriété du temple de DianeLimnatide, la question fut jugée à Rome, dans le sénat, en faveur des Messéniens , autant, sans doute, à cause de leur bon droit quegrâce à la puissante recommandation ou plutôt aux ordres de l’empereur. C’était assurément un moyen de flatterie très-agréable à Tibère que de paraître tenir à une ère qui datait d’une victoire à laquelle sa famille devait l’empire, et l’on peut croire que les Messéniens ne lenégligèrent pas. S’il en était ainsi, l’an 157 correspondrait à l’an 127 de notre ère; et il n’est pas surprenant que les noms de TiberiusClaudius et de Claudius se retrouvent encore à cette époque, puisque 20 ou 3o ans plus tard nous le voyons porté par le célèbreHérode Atticus 6 * . Quant aux noms de Cresphonte et d’ Aristomène, on sait qu’ils furent célèbres dans les temps anciens de la Messénie 7, etl’on conçoit que l’esprit national les ait fait conserver.

A quelle solennité se rapporte notre inscription, qui ne peut être évidemment rangée que parmi les monuments religieux ? Probablementà une cérémonie où devait figurer Bacclius, puisqu’il s’y trouvait un ministre chargé de porter le vin sacré, yaXi£o<popo; 8 ; et cela doit d’au-

1 Syntagma inscriptionum antiquarum , Y, 52 , p. 386 . Reinesius y donne unrésumé de l’histoire de Messénie .

a Voyez M. Ideler, Hamlbuch der mathem. and technischen Chronologie, t. I,p. 470. Il ne faut pas confondre cette ère avec l’ère d’Alexandrie , qui date, nondu jour de la bataille, mais du jour où cette ville fut prise. Elle diffère bien plusencore de celle que l’on désigne sous le nom d ’anni Augustorum , dont le pointde départ est l’an 27 avant Jésus-Christ .

3 M. Ideler, 1 . c., et t., II, 628.

4 Le même, I. c.

5 Ann. IV, 43 .

6 Voyez Visconti, Iscrizioni Triopee, t. I, p. 243, des œuvres diverses de ce

savant, publiées à Milan par le docteur J. Labus.—Les Grecs, quand ils eurent

été soumis par les Romains, prirent souvent leurs noms, soit (voyez Harless, de

Nominibus Grœcorum libellas, p. 25 ) pour obtenir leur protection ou pour leurtémoigner leur reconnaissance, soit (Visconti, I. c. ) par suite de leur admissionaux droits de citoyens romains.

7 Voyez Pausanias , IV, 3 et 6.

8 XaXuLipopoç idem quod àxpceroipo'poç qui in Bacchica pompa merum gestabat.Roeckh, 1 . c. — Ce mot, dont il n’existe pas d’autre exemple, est formé de x âXi { etde <ps'pu. Hesychius : x,aXiY b âzpæroç otvoç. Schol. Apoll . Rh. I, 473 : À8zvaîoi tôv«K pa-rov XâXtv Xépuaiv. Hipponax , cité par le scholiasle de Lycophron, 57g : ôxîyaffùicûm v oï ypht ■jreirmxoTeç. Voyez encore Etym. M. 862, 36 ; Etym . Gud. 562 ,36 ; Orion Theb. Etym. 162, 3 o ; Casaubon sur Athénée, 1 ,7; M. Jacobs, Animadv. •in Atlien., p. 23 1 sq. ; Cuper,Oè«. I, x 1; Barker sur le grand Etym. , p. 729,6. Le géni-tif de yjùk ou yaXtç avait donc deux formes : X aX!o Ç , qu’on trouve dans le fragmentd’Achaeuscité par Athénée, IV, 63 , p. 427, et qui est indiqué aussi par les mots

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