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Troisième volume.
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DEPART DE NAUPLIE .

Le jour même où nous nous embarquâmes à Nauplie pour nous rendre à Syra, le 7 août 1829,le vaisseau français le Trident., commandé par le vice-amiral de Rosamel, avait fait son entrée dansla rade de Nauplie , et avait été reçu par le vaisseau grec C Relias, sous les ordres de Miolis, par lafrégate française la Fleur de Lis, et par un bâtiment russe alors en station. Tous trois avaient saluéde leurs bordées l’arrivée de notre amiral.

Sortis, le soir, du port de Nauplie par un temps calme, nous fîmes très-peu de chemin pendantla nuit, et le lendemain matin nous n’étions encore que devant l’ile de Spetzia (Terapenus), dontl’aspect est âpre et aride. La ville de Spetzia est bâtie sur le penchant de l’ile, vis-à-vis de la pointequi forme l’extrémité de l’Argolide ; les maisons en sont bien construites et élevées de plusieurs étages.Un petit port que nous vîmes rempli de bâtiments grecs, nous donna une idée avantageuse del’activité des habitants et de celle de leur commerce. Sur la partie de l’île qui domine la ville,nous aperçûmes un assez grand nombre de moulins à vent, construits en pierre; ils ont chacunhuit ou dix ailes. — L’ile d’Hydra (Hydrea), devant laquelle nous passâmes ensuite, est de toutes lesîles environnantes celle dont la ville a le plus d’importance. Elle est bien bâtie et disposée enamphithéâtre. Sur les hauteurs qui la dominent on remarque plusieurs couvents, et, comme à Spetzia,une grande quantité de moulins ; mais l’aridité de toute cette île est telle qu’on a peine à concevoircomment une ville a pu devenir florissante sur un sol aussi ingrat.

Le 9, au matin, nous étions au delà de l’ile déserte de Saint-Georges, et en vue du cap Sunium,sur lequel on aperçoit encore les ruines du temple de Minerve. — Poussés ensuite par un vent assezfavorable, nous passâmes entre les îles de Zéa (Céos) et de Tliermia (Cythnos ), et nous allâmesbientôt après mouiller dans le port de Syra (Syros ).

SYRA (SYROS ).

La ville de Syros, qu’il ne faut pas confondre avec Scyros, située près de l’ile de Négrepont ,était sur le bord de la mer. Elle contribua aussi pour sa part à l’honneur de la Grèce , non pas qu’ellefût célèbre par sa puissance ou par son commerce, mais parce qu’elle donna le jour à Phérécyde ,un des premiers philosophes de l’antiquité.

La ville de Syra, située à l’est de l’île, occupe l’emplacement de l’ancienne Syros . Elle se distingueen ville haute et en ville basse; la ville haute est le séjour de la bourgeoisie et des administrateurs,et la ville basse est celui des marchands. Les habitants, en grande partie, sont des réfugiés oudes pirates 5 qui furent obligés de quitter la Grèce pour se soustraire à l’oppression des Turcs ; etcette population, par son industrie et son commerce, a donné à la ville une importance quelleétait loin d’avoir avant les dernières guerres. Munis d’une lettre de recommandation du docteurBailly, nous reçûmes de M. Calergi, gouverneur de l’ile, une généreuse hospitalité, et grâce auxsoins quil nous prodigua, nous fûmes bientôt entièrement rétablis de nos fièvres d’Argos.

Pendant sept jours que nous restâmes à Syra, nous eûmes le temps d’en visiter les environs, quinous parurent dune grande stérilité. Toutes les parties de la côte qui sont exposées au vent sontcouvertes de moulins dont quelques-uns tournent horizontalement. Sur le bord de la mer, à l’extrémitéde la ville, est un petit lazaret que les nombreuses relations de Syra avec tous les ports de l’Orientont rendu nécessaire. Dans le haut de la ville, une église neuve, ornée dans l’intérieur d’arcadessoutenues par des colonnes de marbre, se fait encore remarquer par sa richesse et par des peintures

grecques dun assez bon style. Au dehors est une vasque moderne en marbre, sur le pied de laquelleon lit une inscription grecque. Cette vasque a été taillée dans un bloc venant probablement d’unmonument ancien. O11 voit aussi dans la partie basse de la ville, près du port, un autel antique enmarbre, lequel sans doute a été apporté de Délos . {Foy. pi. 15, fig. I.)

La ville haute est construite sur une montagne conique et entièrement isolée. On n’y arrive que parune pente rapide et difficile à gravir ; les rues en sont fort étroites et fort sales. A la cime est une petiteéglise catholique grecque avec une terrasse, d’oû l’on découvre une partie des îles environnantes,ce qui forme un coup d’œil admirable. Sur le mur de la terrasse on remarque un bas-relief représentant

T. III.

I