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de cette île. D’abord, flottante au gré des vents, elle n’est fixée que pour offrir à la malheureuseLatone un asile que le reste de la terre lui refuse. Diane et Apollon y reçoivent le jour : on yélève des temples, et la voilà consacrée pour toujours par un culte universel. Les habitants deslies qui l’entourent, et que pour cela on appelle Cyclades , contribuèrent à sa célébrité parl’usage d’y envoyer des offrandes, des chœurs de vierges, et de s’y rendre en foule à des assembléessolennelles.
Délos fut d’abord gouvernée par des rois qui réunissaient le sacerdoce à l’empire. Dans la suite elletomba au pouvoir des Athéniens, qui, après y avoir établi un sénat, la purifièrent pendant laguerre du Péloponèse de tout ce qu elle avait de profane. Tant qu’ils l’avaient possédée, ils y avaientsoigné avec une égale attention les affaires du commerce et de la religion. Mais les généraux deMithridate y étant descendus, la ravagèrent entièrement, et les Romains, quand elle fut évacuée parles troupes du roi, ne prirent qu’une île dévastée.
La ville de Délos , bâtie de granit et de marbre, était ornée d’un théâtre, d’un portique, d’unbassin pour représenter les combats de mer, d’un gymnase, et d’une prodigieuse quantité d’autels,dont la plupart lui furent donnés par Antiochus Epiphane, roi de Syrie .
Le temple, qui se trouvait à l’entrée de la ville, n’était éloigné du rivage que d’environ cent pas.Ce fut Erisichton, fils de Cécrops , qui en jeta les premiers fondements, et les divers Etats de laGrèce concoururent à l’embellir. La statue d’Apollon est restée plus célèbre par son ancienneté quepar la délicatesse du travail. D’une main, le dieu tenait son arc; de l’autre, pour montrer quela musique lui doit son origine, il soutenait les trois Grâces, représentées, la première avec unelyre, la seconde avec des flûtes, la troisième avec un chalumeau.
Auprès de la statue était un autel, qui passait pour une des merveilles du monde : ce n’était nil’or, ni le marbre qu’on y admirait; car il n’était composé que de cornes d’animaux, pliées avec effort,et entrelacées avec art, sans aucun ciment.
Le gymnase était en granit, ou pierre du pays : le granit se tirait du mont Cynthus.
A cent pieds du gymnase, un bassin ovale de 2.89 pieds de long sur 200 de large, entouré d’unemuraille haute d’environ 4 pieds, presque toute revêtue d’un ciment fort épais, et propre à retenirl’eau qui arrivait par un canal d’un pied et demi de large, venant de la mer. Ce bassin ne pouvaitservir qu’à donner à Délos des représentations navales. ( Voyez page 5 .)
On comptait environ 24° P as du bassin ovale au temple d’Apollon.
Puis, un hippodrome; le portique de Denys Eutychès, et celui de Philippe, roi de Macédoine.
A 3 oo pas du portique de Philippe, à gauche, sur le penchant d’une colline, se trouvait le théâtre;il était de marbre à gros quartiers, coupés de différentes manières, mais avec peu de pièces carrées.Son diamètre, en comptant l’épaisseur des degrés, était de a 5 o pieds, et sa circonférence de 5 oo.Le pavé était de mosaïque.
A 40 pas de l’ouverture du théâtre, se trouvait une construction de cent pas de long sur vingt-troispieds de large ; elle était divisée en neuf parties.
En montant, on arrivait au Cynthus; des degrés de marbre conduisaient sur le sommet, où étaitune citadelle (àx.po-rco'Xtç), qui dominait toute la ville \ {Voyez page 5 .)
Il est difficile de se figurer une confusion pareille à celle des ruines de Délos ; de tous lesmonuments il reste des débris, et il n’en est pas un peut-être, excepté le théâtre, dont on puissedéterminer avec exactitude la forme et la destination; et cela, parce que ces précieux marbres ontété longtemps les carrières où se fournissaient les fabricants de chaux. Tout ce que nous pourronsfaire ici se bornera donc à en suivre les vestiges, et à donner quelques détails sur l’ordre dans lequelon les trouve.
Sur les rochers de granit qui forment cette partie de l’île , on trouve une plate-forme carrée, aumilieu de laquelle est une fontaine, avec un bassin, entouré en partie par une construction irrégulière,et où l’on descend au moyen de pierres saillantes, formant l’escalier : les habitants disent que l’eau decette fontaine vient du Nil . A peu de distance, des restes de murs, et un autel antique en marbre, nu etsans inscription; et plus loin encore, d’autres murs, un autre autel semblable, et beaucoup de morceaux