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Troisième volume.
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( II )

PARKIA (PAROS ).

Bâtie sur un terrain uni en avant de montagnes élevées et cultivées jusqu’aux deux tiers de leurhauteur, et formant amphithéâtre derrière , cette ville est loin d’avoir un aspect riant. Cependantl’intérieur est assez agréable. Les rues sont plus larges que celles de Naxie, et les maisons bien bâtiesmais à moitié désertes, à cause du mauvais air qui vient des marais du nord, et qui occasionne denombreuses fièvres. On y voit les ruines d’une église du moyen âge, c’est-à-dire les fragments antiquesavec lesquels elle a été construite, tels que des architraves, des corniches et des fûts de colonnes- maistout cela n’est que d’un intérêt très - médiocre, excepté cependant quelques oves, deux fragmentsd’inscriptions, et de beaux morceaux de marbre qui formaient le chambranle d’une très-grande porte.

La cathédrale du rit grec, située au nord de Parkia, mérite d’être visitée: elle est précédée d’uncloître célèbre dans le pays : l’intérieur en est richement orné, et ressemble, en petit, aux basiliquesde Mont-Réal et de Palerme en Sicile ; d’un côté sont des fonts baptismaux, et de l’autre une petiteéglise fort ancienne : il y a dans toutes ces constructions des fragments de marbre venant de monu-ments antiques, et qui ont été employés comme matériaux.

Les marbres de Paros sont trop célèbres pour que nous ne fussions pas curieux de visiter les carrièresqui les ont fournis à tant de chefs-d’œuvre. Nous nous dirigeâmes au nord-ouest par des plaines etdes montagnes que les habitants cultivent avec grand soin, vers une autre montagne au sommet delaquelle est un petit couvent habité par une pauvre famille et un religieux. C’est celui-ci qui conduitles voyageurs aux carrières, et qui fournit tout ce qui est nécessaire pour se guider dans ces souterrains.

A i5 minutes du couvent, en descendant vers le nord, on trouve la première carrière, dont l’ouver-ture est tournée à l’ouest, sur le versant d’une montagne. L’entrée, d’abord spacieuse, va toujoursen se rétrécissant, jusqu’à ce que le passage ne laisse plus que la hauteur nécessaire pour s’y glissera plat ventre. Après avoir ainsi rampé, car c’est le mot, pendant une cinquantaine de pas, on rencontreenfin un espace assez grand qui forme le fond de la carrière. Les traces des tailles laissées par lesanciennes exploitations paraissent encore toutes récentes, et cependant on ne sache pas que, depuisles beaux temps de l'antiquité, il ait jamais été extrait de marbre de ces carrières, et on a peine même àconcevoir aujourd’hui comment elles ont pu être exploitées, et comment aussi elles ont pu êtrecomblées comme elles le sont.

A io minutes de la première carrière, il y en a une autre, dont l’ouverture est au sud-ouest. Agauche de l’entrée, on trouve un bas-relief sculpté sur place et dans le roc : il paraît avoir été fait pourun sarcophage; quoique le travail en soit très-mauvais, on voit cependant autour la marque des effortsque firent, dit-on, des Anglais pour le détacher et l’emporter. Comme, pour pénétrer dans cette carrière,ainsi que dans une troisième, où nous savions pourtant qu’il y avait un autre bas-relief, il aurait fallunous traîner encore à plat ventre, comme nous l’avions fait dans la première, nous renonçâmes à lesvisiter et nous revînmes à la ville, nous contentant d’emporter des échantillons de ce beau marbre.

ANTIPAROS , SA GROTTE.

Antiparos, comme l’indique son nom, est située auprès et à l’opposite de Paros . Nous savions bienque nous ne trouverions dans cette île aucun monument d’art. Ce qui nous détermina donc à en faire levoyage, c’est la grotte naturelle qu’on y voit, et qui est célèbre dans toute la Grèce .

Nous débarquâmes sur le rivage d’Antiparos , à deux milles environ au-dessous du village. De là nousnous dirigeâmes par les montagnes ; et après une heure de marche nous étions devant la grotte.L’ouverture en est tout à fait pittoresque et regarde le sud. On pénètre dans l’intérieur par une descentedifficile et longue, au moyen de cordes et d’échelles, que l’on trouve à Paros, chez le consul français .Parmi les passages frayés, les uns sont à pic, et hauts de 3 ou 4 mètres; les autres, qui vont en pente ,sont suspendus au-dessus de profondeurs immenses, de sorte que si quelqu’un avait le malheur delâcher la corde qui sert à la fois de guide et de soutien dans cette route périlleuse, son corps irait sebriser contre les rochers de marbre qui forment le fond de la grotte. La lumière que jettent les torches

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T. III.