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Troisième volume.
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EGINE .

L’île d’Éginé est située en face de l’Épidaurie, dans le golfe auquel elle a donné son nom, et quianciennement était appelé Saronique. La Fable raconte quelle ne fut pas peuplée dès son orimne, etquelle était encore déserte lorsque Jupiter y transporta Égine , fdle d’Asopus, de qui elle prit le nom, aulieu de celui d’OEnone quelle portait auparavant. Elle passe pour avoir été la patrie d’Eacus et de sesdescendants.

Dans la suite, des Argiens, du nombre de ceux qui s’étaient établis à Éjudaure avec Déiphonte,passèrent dans l’île d’Egine , et, s’étant mêlés avec les anciens Eginètes, leur firent adopter leurs mœurset le langage dorien. Il fut une époque où ils eurent aussi l’empire de la mer; ils disputèrent mêmeaux Athéniens la gloire d’avoir le plus contribué au gain de la fameuse bataille de Salamine contre lesMèdes. Mais cette puissance ne fut pas de longue durée. Après avoir été peuplée successivement par lesArgiens, les Crétois, les Epidauriens et les Doriens, Egine fut prise en dernier lieu par les Athéniens; leshabitants, chassés de leur patrie, s’établirent à Thyrée, que leur donnèrent les Lacédémoniens. Ils revinrentdans leur île après que les vaisseaux des Athéniens eurent été pris vers l’IIellespont; mais ils ne recou-vrèrent jamais la même puissance et la même prospérité.

Egine est de toutes les îles grecques celle dont l’accès était le plus difficile, à cause des écueils et desroches cachées sous l’eau qui l’entourent de tous côtés.

Tout auprès du port le plus fréquenté, à Egine , se présentait un temple de Vénus.

L’Æacium était situé dans l’endroit le plus apparent de la ville : c’était une enceinte carrée, entouréede murs de marbre blanc ; il y avait dans cette enceinte un autel peu élevé qu’une tradition secrètedonnait pour le tombeau d’Æaque.

A peu de distance de l’autre port, appelé port Secret, s’élevait un théâtre ressemblant beaucoup àcelui d’Epidaure pour la grandeur et pour le reste de la construction. Il y avait derrière un stade,dont l’un des côtés était appuyé au théâtre et lui servait lui-même d’appui.

Au même endroit, trois temples à peu de distance les uns des autres, et consacrés, le premier à Apol-lon, le second à Diane et le troisième à Bacchus. La statue d’Apollon était en bois; elle représentait ledieu nu ; Diane était vêtue ainsi que Bacchus, et ce dernier avait une barbe.

Esculape avait aussi, comme à Epidaure , un temple et une statue en marbre qui le représentait assis.

Hécate était de toutes les divinités celle que les Eginètes honoraient le plus ; ils célébraient tous lesans les mystères d’Hécate, institués, disaient-ils, par Orphée . Son temple était dans une enceinte, et sastatue, qui était de bois, n’avait qu’une des trois figures avec lesquelles on la représentait â Athènes .

En allant vers le mont Panhellénien, on trouvait le temple d’Aphæa, en l’honneur de laquelle Pindare avait fait un hymne pour les Eginètes 1 .

Nous arrivâmes en passant entre la petite île Moni et celle d’Égine ; cette dernière nous parut, de cecôté, assez bien cultivée ; on voyait, échelonnées sur le versant de la montagne, quelques maisonsde campagne, des moulins à vent et des plantations d’oliviers; après avoir côtoyé la rive, qui n’of-frait d’autre accident que quelques cabanes de pêcheurs et une petite baie pour leurs bateaux, nousdébarquâmes dans le port même d’Égine , formé encore aujourd’hui par des jetées de constructionantique. La ville, qui devait une partie de son accroissement au séjour du gouvernement grec,est bâtie sur une pente douce; on y voit plusieurs constructions modernes assez importantes : lamaison du président Capo d’Istria , une église considérable, et, vers le S.-E., un grand bâtiment oùsont recueillis et élevés les orphelins.

Les ruines du temple de Vénus sont au N.-O. d’Egine ; une seule colonne, sans chapiteau, estencore debout. C’est des immenses fondations de ce temple que les habitants ont tiré la pierre aveclaquelle ils ont construit en partie les édifices dont nous venons de parler ; les fondations, d’uncôté, s’étendent jusqu’à la mer et communiquent avec une jetée qui faisait partie de l’ancien port.

Au N.-E., et à environ une demi-heure de marche de la ville, est un tumulus antique auquelse lient des murs de soutènement d’une étendue assez considérable 2 . Autour de la ville il y avait

1 Strabon, Pausanias , etc.

2 Voyez Annales cle VInstitut archéologique , année [829, p. 20 r.

T. III.

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