Band 
Troisième volume.
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ROUTE DE CORINTHE A SICYONE.

Au sortir de Corinthe , nous nous dirigeâmes au N .-O., laissant à gauche le temple de Neptune, etnous entrâmes dans une plaine. Après avoir traversé un bois d’oliviers et le fleuve Cléontes, nous vîmes,à droite, le golfe de Lépante , et de l’autre côté du golfe, les montagnes de la Béotie; à gauche celles dela Corinthie, qui étaient couvertes de verdure. Plusieurs villages s offrirent tour a tour a nos yeux. Nousaperçûmes aussi une riche vallée, bornée par des montagnes boisées et arrosee par 1 Asope. Bientôt nouspassâmes ce fleuve sur un beau pont, et quelques instants après nous arrivâmes au village de Vasilica,l’ancienne Sicyone *.

SICYONE .

On voyait encore, du temps de Pausanias, dans la citadelle de Sicyone , le temple de la Fortune etcelui des Dioscures \ M. Pouqueville 1 2 affirme avoir découvert l’emplacement et les restes de ces deuxtemples. Pour nous, sans prétendre, comme cet auteur, avoir constaté l’identité de ces ruines, nousavons mesuré et relevé toutes celles qui existent entre un théâtre et un stade qui se reconnaissent encoreaisément, et la grande ruine romaine dominée par les restes de ces deux antiques monuments. Pausa-nias fait mention d’un théâtre qui était placé au-dessous de la citadelle de la ville. Nous l’avons trouvé,en effet, au pied d’une colline. Il est en partie taillé dans le roc, et nous y avons reconnu facilement deuxarcs ou vomitoires placés sur les côtés et qui servaient d’entrée et de sortie à la foule des spectateurs.On distingue aussi des parties de roc taillé sur lesquelles la scène était construite. Au N.-O. on retrouveun stade taillé également dans un évidement de rocher. Il est attenant au théâtre, et son extrémité,du côté de la campagne, est supportée par un soubassement de construction cyclopéenne.

Pausanias 3 parle encore de huit autres temples qu’il vit dans Sicyone , de plusieurs autels et du monu-ment héroïque d’Aratus . Il reste seulement quelques ruines de tant d’édifices divers, et nous avons des-siné et mesuré toutes celles qui méritent de fixer l’attention.

On compte aux environs de Vasilica un grand nombre de petites églises tombant en ruine. En visi-tant quelques-unes de ces églises, nous trouvâmes des fragments antiques mais de peu d’intérêt. Nousvîmes toutefois, dans l’intérieur de l’une d’elles, des compartiments de caissons avec quelques traces depeintures. Dans l’église de Vasilica même nous remarquâmes un chapiteau corinthien d’un assez beaucaractère, mais presque entièrement dégradé. Le reste de la ville, ainsi que l’emplacement de la citadelle,ne contiennent plus rien d’intéressant, et l’on n’y voit plus à présent que des citernes et que des pierreséparses çà et là. La ville antique s’élevait sur un plateau d’où la vue est très-étendue. On découvre de cepoint élevé l’Acrocorinthe, les montagnes de l’isthme, le golfe de Lépante , et, au delà du golfe, lesmontagnes de toute la Béotie.

DISTANCE DE CORINTHE A SICYONE .

A. 18 m. de Corinthe on trouve une fontaine; 32 m., deux petits ponts sur un cours d’eau; io m., on traverse le fleuve Cléontes,reste de pavé; 20 m., un petit pont sur un ravin; r 5 m., une ruine moderne; i 3 m., le lit d’un ruisseau, le Némée ; 20 m., à gauche unvillage, à droite un autre près du rivage; 28 m., débris de constructions; 18 m., une petite rivière et des débris de constructions; 4 m-,on traverse une muraille ruinée; 6 m., on entre dans le village de Vasilica.

Total de la distance, 3 h. 4 m.

1 Corinthie VIII.

2 Livre XII, ch. IX.

3 Pausanias , chap. VII, VIII, X, XI.

T. III.

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