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Troisième volume.
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que nous désirions voir. Cette route est à l’E. de Mistra, dans une plaine ombragée par des olivierset par des mûriers. Les sommets du Taygète et les hautes montagnes de Bardounia, qui s aperçoiventde là, étaient couverts de neige. Après avoir traversé le village de Calogonia, on se dirige vers leN.-E., et à dix minutes de marche du village on arrive au sarcophage.

Toute sa partie supérieure a été renversée. On reconnaît sur les trois cotés qui existent encore, lesfragments d’une sculpture représentant un combat. On y remarque une tête de cheval assez bienconservée. Sur la gauche de la face principale, sont sculptées quelques sirènes nageant à la surfacede l’eau. Quant au travail de la face opposée, il est très-grossier, et semble avoir dû figurer un sacrifice.Une petite frise chargée d’ornements et d’animaux, mais d’une composition de mauvais style, règneautour de la base du monument. En découvrant un morceau de pierre enterré près de là, noustrouvâmes un fragment de la couverture du sarcophage : une partie en est sculptée, et imite unedraperie se repliant sur une jambe qui appartient à une figure couchée. Le monument est romain;il date du temps de la décadence. Les sculptures qui en décorent les diverses parties sont assez mau-vaises : de plus, son état actuel de dégradation est tel, qu’il ne permet pas d’en faire un dessincapable d’offrir de l’intérêt. Aussi nos regrets furent-ils réels d’avoir fait un si long détour, pour allervoir un monument qui ne mérite guère d’être visité, malgré le bruit que sa découverte a fait dansle pays.

En nous éloignant du sarcophage, nous nous dirigeâmes vers le S.-E. à travers une plaine, et aprèscinq minutes de marche, nous fîmes rencontre d’une société de Grecs. Quelques-uns étaient àcheval et armés; plusieurs portaient des couronnes blanches, et tous ils allaient vers un village voisin,pour y chercher une mariée. Des coups de fusil tirés en l’honneur de la future épouse annoncèrentbientôt leur arrivée dans le village.

Quelques instants après, nous découvrîmes vers la gauche le bourg de Caloula en partie détruit, et,suivant une route tracée dans une campagne bien cultivée, nous arrivâmes à la rive droite de l’Eurotas,d’où nous gagnâmes le village de Karaspaï, au milieu duquel s’élève un pyrgos. Il est situé sur descollines verdoyantes environnées d’une campagne d’un aspect charmant. Le caractère des habitants netient pas de la beauté des lieux. Ils ne nous donnèrent en effet qu’à regret une hospitalité vendue, et,ne cédant pour ainsi dire qu’à la force, consentirent seulement à nous accorder une petite place dansle pyrgos de leur village.

Dans le but de nous rendre à Monembasie, nous suivîmes, au sortir de Karaspaï, une route quinous conduisit vers l’E. à la rive de l’Eurotas. Quand on a traversé ce fleuve, on aperçoit vers lagauche le village de Yasilo-Peroma. Il est en ruine, ainsi que le pyrgos qu’on y remarque. Tout lepays qu’on parcourt, alternativement boisé et cultivé, paraît fort riche. Pour un voyageur qui vientde quitter le Magne, la vue de cette belle contrée est d’autant plus agréable, que son œil s’y reposede tous côtés sur des tableaux riants, du spectacle plein d’âpreté et de sévérité que lui a offert par-tout le littoral voisin.

L’Eurotas arrose de ses eaux les campagnes environnantes. Il y multiplie ses détours. Parvenus àsa rive, nous la suivîmes pendant quelque temps, puis nous passâmes ce fleuve. Ayant ensuite traverséle village de Gramisa, et aperçu tant sur la droite que sur la gauche divers autres villages, nousentrâmes dans celui de Birnico. Les habitants y parlent albanais. Ils indiquent dans les environsquelques restes d’antiquités. Notre intention élant de passer la nuit dans cet endroit, nous adressâmesla parole à deux ou trois personnes placées à l’entrée du village. L’une d’elles était le démogéronte.Son accueil fut plein de prévenance; il nous promit un logement pour la nuit, et nous engagea mêmeà l’y suivre. A peine nous entrions dans la cour de la maison où le démogéronte nous introduisit,que nous vîmes une société d’hommes et de femmes parés élégamment, et qui dansaient, animés par lessons peu harmonieux toutefois d’un violon, d’une guitare et d’un triangle. Un papas et plusieursautres personnes assistaient comme spectateurs à la fête. C’était une noce.

La mariée, fort jolie et très-richement vêtue, présidait aux danses avec une gravité qu’elle semblaitavoir étudiée pour la mieux reproduire dans cette solennité. Priés par l’aimable société de prendrepart à la joie générale, nous y consentîmes d’autant plus volontiers, que chacun à sa manière s’em-pressait de nous être agréable. Les plaisirs de la table succédèrent bientôt à ceux de la danse, et le marié,auquel s’étaient adjoints deux ou trois jeunes garçons, installa les hommes dans une jolie chambre.IA furent offerts quelques gâteaux faits d’une pâte légère et amincie, en même temps qu’on versait