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Troisième volume.
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quelques restes d’enceinte hellénique. On n’y voit plus aucun vestige des temples dédiés à Minerve,à Vénus, à Esculape r . On y montre encore une excavation dont on n’a pas sondé la profondeur,et à laquelle on donne le nom d’oracle d’Apollon : elle est remplie d’eau. Cette excavation aurait-elle remplacé le lac qui du temps de Pausanias portait le nom d’Ino, qui avait peu détendue, maisétait d’une grande profondeur, et dont les eaux donnaient un heureux présage quand elles englou-tissaient les gâteaux sacrés qu’on y jetait chaque année à l’époque de la fête d’Ino 1 2 ?

Après une nuit passée dans notre barque, nous doublâmes le cap d’Epidaure et nous suivîmes lacôte. Tout le pays qu’on aperçoit est aride et désert : ce ne sont partout que rochers. Ceux du capHiéraka se groupent à pic et suspendent leurs masses à une grande hauteur. Notre barque ayantpassé sous ces écueils aborda plus loin au port indiqué sur la carte comme port Botte . Lorsqu’onest monté sur le rocher qui ferme le côté N. de l’embouchure du port, on découvre presque toutel’enceinte d’une ville antique; sa construction est cyclopéenne, brute, sans joints. Des portes oupoternes sont pratiquées dans les murs de l’acropole aux angles des constructions. L’intérieur de laville renferme plusieurs citernes antiques, des restes de murailles de vieux monuments, et trois ouquatre ruines du moyen âge.

A cinq minutes du port, en côtoyant la terre, on est en vue du couvent de Saint-George, seulehabitation qu’on aperçoive depuis la ville de Monembasie. En continuant à naviguer à la rame,nous allâmes mouiller dans le port de Cyparissi, ou Poulitra (voyez la carte). Trois îlots forment l'entréedu port, et vers le fond se voient quelques maisons. Des montagnes escarpées et très-hautes entourentle port.

Le vent nous étant alternativement contraire ou favorable, nous atteignîmes le cap Mauro et nouspassâmes devantZaconna, situé sur le penchant des montagnes qui dominent une vallée inclinée, forméepar les alluvions d’un torrent. En cet endroit la côte est moins stérile ; il y pousse quelques oliviers.Plusieurs baies bordent la côte, et sont disposées comme celles de Zaconna : le fond se termine de lamême manière, en une vallée dont les inclinaisons s’étendent jusqu’à la mer. A l’exception de cettepartie du littoral, qui est assez bien cultivée, les montagnes et les rochers qui couvrent la rive de lamer, entre Monembasie et la plaine ou vallée d’Astros, sont d’une aridité effrayante : partout l’eaudouce manque. Comme le vent nous fut contraire pendant plusieurs jours consécutifs, nous nepûmes avancer qu’à force de rames. Enfin, après avoir dépassé le village de Cérondi, construitsur une colline qui forme l’extré mi té du rivage de la plaine d’Astros, nous débarquâmes à Hagios-Joannis, village situé au S. de la presqu’île de Saint-Jean, défendue par un fort moderne. Là nousfîmes rencontre d’un démogéronte fort obligeant, qui nous logea dans une maison appartenant à sonfils et bâtie sur le port, à l’endroit même où nous avions débarqué. Une fatigue, due à six jours et àsix nuits de navigation contrariée par un vent qui nous avait été opposé presque continuellement, nousdécida à nous reposer une nuit en cet endroit, et à visiter le couvent de Loukou. La route qui yconduit est vers l’ouest dans une plaine bien cultivée. Après une heure de marche environ, on quittela route, et sur la gauche on voit un aqueduc. En le longeant dans sa direction on traverse plusieursravins et on arrive au couvent.

Dans le voisinage se trouvent plusieurs fragments de colonne de granit gris, de o m ,8o c de diamètre,et un fragment de chapiteau corinthien en marbre grisâtre, de o m ,8i c de hauteur. Le peu qui resteest dun beau travail romain. Près de là on voit encore un fragment de statue de femme et une caria-tide qui est en quatre morceaux. Ce sont des sculptures romaines et d’un caractère remarquable. En serapprochant du couvent on reconnaît aussi un vase en marbre, seulement ébauché à la pointe. Le cou-vent est situé près d’un ravin sur le penchant d’une montagne, et entouré de plantations d’oliviers etd’arbres fruitiers de diverses espèces. On y voit à l’entrée un beau sphinx en marbre, dont la têtea été brisée, et différents débris d’architecture, entre autres un chapiteau ionique romain. Au milieude la cour du couvent s’élève une église semblable à toutes celles de la Morée. On remarque à l’in-térieur de belles peintures encore bien conservées, et quatre colonnes de Cipollino. Plusieurs fragmentsd’architecture qui doivent remonter aux temps du Bas-Empire et du moyen âge, décorent le portiquede la façade principale. Quant aux façades latérales, elles sont ornées aussi de quelques fragments,

1 Pausanias , liv. III, ch. XXIII.

2 Ibid.

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