CHAPITRE I.
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le sénat à proposer au peuple la guerre, et lui montraienttous les jours de nouveaux ennemis.
Ce corps y était déjà assez porté de lui-même ; car,étant fatigué sans cesse par les plaintes et les demandesdu peuple, il cherchait à le distraire de ses inquiétudes,et à l’occuper au dehors 1 .
Or la guerre était presque toujours agréable au peuple,parce que, par la sage distribution du butin, on avaittrouvé le moyen de la lui rendre utile.
Rome étant une ville sans commerce, et presque sansarts, le pillage était le seul moyen que les particulierseussent pour s’enrichir.
On avait donc mis de la discipline dans la manière depiller, et on y observait à peu près le même ordre qui sepratique aujourd’hui chez les petits Tartares.
Le butin était mis en commun 2 , et on le distribuaitaux soldats : rien n’était perdu, parce que, avant de par-tir, chacun avait juré qu’il ne détournerait rien à son pro-fit. Or les Romains étaient le peuple du monde le plus re-ligieux sur le serment, qui fut toujours le nerf de leurdiscipline militaire.
Enfin, les citoyens qui restaient dans la ville jouissaientaussi des fruits de la victoire. On confisquait une partiedes terres du peuple vaincu, dont on faisait deux parts :l’unese vendait au profit du public ; l’autre était distribuéeaux pauvres citoyens, sous la charge d’une rente en faveurde la république.
Les consuls, ne pouvant obtenir l’honneur du triompheque par une conquête ou une victoire, faisaient la guerre
' D’ailleurs l’autorité du sénat était moins bornée dans les affaires dudehors que dans celles de la ville.
2 Voyez Polybe, liv. X.
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