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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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12 GRANDEUR ET DÉCADENCE DES ROMAINS,

lique constante chez eux d’affermir la discipline militaire r .Ont-ils à faire la guerre aux Latins, peuples aussi aguer-ris qu’eux-mêmes, Manlius songe à augmenter la force ducommandement, et fait mourir son fils, qui avait vaincusans son ordre. Sont-ils battus à Numance, Scipion Émi-Iien les prive d’abord de tout ce qui les avait amollis 1 2 . Leslégions romaines ont-elles passé sous le joug en Numidie,Métellus répare cette honte dès qu’il leur a fait reprendreles institutions anciennes. Marius , pour battre les Cim-bres et les Teutons, commence par détourner les fleuves;et Sylla fait si bien travailler les soldats de son armée,effrayée de la guerre contre Mithridate, qu’ils lui deman-dent le combat comme la lin de leurs peines 3 .

Publius Nasica, sans besoin, leur fit construire unearmée navale. On craignait plus l’oisiveté que les enne-mis.

Aulu-Gelle 4 donne d’assez mauvaises raisons delàcoutume des Romains de faire saigner les soldats quiavaient commis quelque faute : la vraie est que, la forceétant la principale qualité du soldat, c’était le dégraderque de l’affaiblir.

Des hommes si endurcis étaient ordinairement sains.On ne remarque pas, dans les auteurs, que les armées ro-maines, qui faisaient la guerre en tant de climats, péris-sent beaucoup par les maladies; au lieu qu’il arrive

1 [ La discipline militaire est la chose qui a paru la première dans leurÉtat, et la dernière qui s’y est perdue ; tant elle était attachée èi la cons-titution de leur république. (Bossuet, Disc, sur l’Hist. univ., troisièmepartie, ch. vi.)]

2 II vendit toutes les bétes de somme de l’armée, et fit porter à chaquesoldat du blé pour trente jours, et sept pieux. ( Somm. de Florus, liv.LVII.)

3 Frontin , Stratagèmes , liv. I, cliap. xi.

4 Liv. X, chap. vm.