DANS LA RELIGION.
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étaient défendues ; ces livres même étaient toujours renfer-més ; et, par une précaution si sage, on ôtait les armes desmains des fanatiques et des séditieux.
Les devins ne pouvaient rien prononcer sur les affairespubliques sans la permission des magistrats ; leur art étaitabsolument subordonné à la volonté du sénat ; et cela avaitété ainsi ordonné par les livres des pontifes, dont Cicéronnous a conservé quelques fragments
Polybe met la superstition au rang des avantages que lepeuple romain avait par-dessus les autres peuples : ce quiparaît ridicule aux sages est nécessaire pour les sots ; et cepeuple, qui se met si facilement en colère, a besoin d’ê-tre arrêté par une puissance invisible.
Les augures et les aruspices étaient proprement les gro-tesques du paganisme ; mais on ne les trouvera point ridi-cules , si on fait réflexion que, dans une religion toutepopulaire comme celle-là, rien ne paraissait extravagant;la crédulité du peuple réparait tout chez les Romains :plus une chose était contraire à la raison humaine, pluselle leur paraissait divine. Une vérité simple ne les auraitpas vivement touchés : il leur fallait des sujets d’admira-tion , il leur fallait des signes de la divinité ; et ils ne lestrouvaient que dans le merveilleux et le ridicule.
C’était, à la vérité, une chose très-extravagante de fairedépendre le salut de la république de l’appétit sacré d’unpoulet, et de la disposition des entrailles des victimes ;mais ceux qui introduisirent ces cérémonies en connais-saient bien le fort et le faible, et ce ne fut que par de bon-
1 De Leg- lib. Il : « Bella ûisceptanto : prodigia, portenta , ad Etr us-cos et aruspices, sisenatusjusserit, deferunto. » Et dans un autre en-droit : « Sacerâot'J/m duo généra simto : unum, quod præsitceremoniiset sacris ; alierum , quod inf.crpretetur fatidicorum et vatum effata in-cognito, cum senatus populusque adsciverit. »
MONTESQUIEU. IG