LETTRES rjiRSASES.
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l’on laisse vivre un homme qui fait un tel métier? où l’infidélité,la trahison, le rapt, la perfidie et l’injustice conduisent à laconsidération? où l’on estime un homme parce qu’il ôte unefille à son père, une femme à son mari, et trouble les socié-tés les plus douces et les plus saintes? Heureux les enfantsd’Hali, qui défendent leurs familles de l’opprobre et de laséduction! La lumière du jour n’est pas plus pure que le feuqui brûle dans le cœur de nos femmes ; nos filles ne pensentqu’en tremblant au jour qui doit les priver de cette vertuqui les rend semblables aux anges et aux puissances incor-porelles. Terre natale et chérie, sur qui le soleil jette sespremiers regards, tu n’es point souillée parles crimes horriblesqui obligent cet astre à se cacher dès qu’il paraît dans le noirOccident!
A Paris, le 5 (le la lune de Rahmazan, 1713.
XLIX. RICA A USB EK.
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Étant l’autre jour dans ma chambre, je vis entrer un der-vis extraordinairement habillé. Sa barbe descendait jusqu’àsa ceinture de corde ; il avait les pieds nus ; son habit étaitgris, grossier, et en quelques endroits pointu. Le tout meparut si bizarre, que ma première idée fut d’envoyer chercherun peintre pour en faire une fantaisie.
Il me fit d’abord un grand compliment, dans lequel il m’ap-prit qu’il était homme de mérite, et de plus capucin. Onm’a dit, ajouta-t-il, monsieur, que vous retournez bientôtà la cour de Perse, où vous tenez un rang distingué. Jeviens vous demander protection, et vous prier de nous obte-nir du roi une petite habitation auprès de Casbin pour deuxou trois religieux. Mon père, lui dis-je, vous voulez doncaller en Perse? Moi, monsieur! me dit-il; je m’en donneraibien de garde. Je suis ici provincial, et je ne troquerais pasma condition contre celle de tous les capucins du monde.