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492 LETTRES PERSANES.
même ; que la crainte et la terreur marchent avec vous; cou-rez d’appartements en appartements porter les punitionset les châtiments; que tout vive dans la consternation, quetout fonde en larmes devant vous ; interrogez tout le sérail ;commencez par les esclaves ; n’épargnez pas mon amour ;que tout subisse votre tribunal redoutable; mettez au jourles secrets les plus cachés; purifiez ce lieu infâme, et faites-y rentrer la vertu bannie. Car, dès ce moment, je metssur votre tête les moindres fautes qui se commettront. Jesoupçonne Zélis d’être celle à qui la lettre que vous avez sur-prise s’adressait : examinez cela avec des yeux de lynx.
De ***, le n delà lune de Zilhagé, nia.
CXLIX. NARSIT A USBEK.
A Paris.
Le grand eunuque vient de mourir, magnifique seigneur;comme je suis le plus vieux de tes esclaves, j’ai pris, sa place,jusqu’à ce que tu aies fait connaître sur qui tu veux jeter lesyeux.
Deux jours après sa mort on m’apporta une de tes lettresqui lui était adressée : je me suis bien gardé de l’ouvrir ; je l’aienveloppée avec respect, et l’ai serrée jusqu’à ce que tu m’aiesfait connaître tes sacrées volontés.
Hier, un esclave vint, au milieu de la nuit, me dire qu’ilavait trouvé un jeune homme dans le sérail : je me levai,j’examinai la chose, et je trouvai que c’était une vision.
Je te baise les pieds, sublime seigneur; et je te prie decompter sur mon zèle, mon expérience, et ma vieillesse.
Du sérail d’Ispahan, le 5 de la lune de Gemmadi i, 1718.