IV
AVANT-PROPOS.
techniques. Aussi a-t-il presque toujours pris soin d’indiquer tous les ouvrages où les mêmes mo-numents qu’il avait à décrire avaient été déjà figurés et décrits, afin de mettre le lecteur à mêmede consulter au besoin des renseignements plus étendus qu’il n’était possible à l’auteur d’enadmettre dans son plan circonscrit. Ne pensant pas que la vénération qu’il professe pour la mé-moire de M. Willemin fût pour lui une obligation d’adopter toutes les dates, de sanctionnertoutes les attributions déterminées par ce laborieux antiquaire, il a au contraire, et toutes les foisque l’intérêt de la vérité l’y a contraint, soumis ces attributions et ces dates à une large discussion,réformé des erreurs manifestes, et, sur toutes les choses douteuses et contestées, invoqué toutes lesautorités qui pouvaient servir à asseoir un jugement motivé.
La classification rationnelle des Planches est sans contredit la partie du travail dans laquellel’auteur des notices a rencontré le plus de difficultés. Pour permettre d’arriver à l’établissementrigoureux d’un ordre tout à la fois méthodique et chronologique, il aurait fallu non seulementque l’âge relatif de tous les monuments représentés fût constaté d’une manière précise, maisencore que chaque Planche ne portât que des monuments de même genre et d’époque à peu prèscontemporaine. Or, M. Willemin, que dominait peut-être trop exclusivement l’idée de jeter dansson ouvrage une variété de sujets et de motifs capable d’exciter l’intérêt des antiquaires et desatisfaire aux exigences des industriels et des artistes, se trouva souvent entraîné à réunir sur lamême gravure des fragments d’époque, d’origine et de nature très diverses ; de telle sorte qu’onrencontre fréquemment confondus ensemble sculpture, vitraux, armes, meubles et costumes. Onconçoit qu’avec une semblable distribution de matériaux, un ordre méthodique régulier était à peuprès impossible, et que l’ordre chronologique devait même éprouver de fréquentes violations.D’ailleurs on convient généralement que la division par siècles, principalement lorsqu’elle s’appliqueà un ouvrage aussi complexe que celui qu’il s’agissait de classer, est la moins rationnelle de toutes,parce quelle brise violemment la succession des rapports, et quelle rapproche forcément desmonuments du commencement et de la fin d’un même siècle, lesquels ont pourtant bien moinsd’analogie entre eux qu’avec ceux du siècle précédent ou suivant. Malheureusement, un respectbien légitime pour les intentions formellement exprimées de M. Willemin faisait une loi d’adoptercette classification. On s’est donc efforcé autant que possible d’en atténuer les inconvénients.Rarement on s’est astreint à suivre un ordre rigoureusement chronologique, dans la persuasionque cet asservissement à la lettre n’aurait d’autre résultat que de scinder, en une multituded’unités éparses, un ouvrage auquel on pouvait déjà reprocher de manquer d’ensemble. On a préférégrouper, dans la circonscription de chaque siècle, tous les monuments ou détails qui présentaiententre eux quelque analogie d’origine, de procédé, de caractère ou d’usage. L’architecture, surlaquelle, à toutes lés époques, se modèlent les autres arts, a été placée en tête de chaque division ;puis la sculpture, les tombeaux, et successivement les costumes, les armes, les vitraux, lesmeubles, les ustensiles, les ornements, etc. Cet ordre, comme on vient de le dire, a dû se modifiersouvent suivant les circonstances, et suivant l’abondance ou la pénurie des types qu’offrait chaquespécialité, à telle ou telle autre période. Les monuments du xvi e siècle, qui constituaient à euxseuls un tiers de l’ouvrage, ont été partagés en deux sections, dont la première embrasse tout cequi correspond à l’époque de Louis XIX , c’est-à-dire à la première renaissance, époque de transi-tion et de renouvellement, qui offre un caractère bien tranché, et dont la seconde contient tous lesmonuments postérieurs à cette période $ on a même réuni à ces derniers quelques objets duxvn e siècle, qui, vu leur petit nombre, auraient été insuffisants pour former une division spéciale.
L’absence de toute indication d’ordre numérique sur les Planches jettera peut-être les souscrip-teurs dans quelque embarras, lorsqu’ils voudront classer leur exemplaire suivant l’ordre des notices.C’est pour leur aplanir cette difficulté qu’une table générale, indiquant les grandes divisions de l’ou-vrage, et reproduisant le titre exact de chaque planche, est jointe à la dernière livraison. A l’aidede cette table numérotée, à laquelle on devra confronter successivement chaque planche, afinde déterminer le chiffre que celle-ci devra recevoir, et que l’on aura soin d’inscrire au crayon ou