AVERTISSEMENT
SUR LA NEUVIÈME ÉDITION.
Le succès de ce livre a dépassé nos espérances : honoré dés sou apparition des encouragements duGouvernement, apprécié do la manière la plus favorable par les organes de la presse les plus accrédités,il a été bientôt autorisé par le Conseil de l’Instruction publique pour l’usage des écoles de tous les de-grés, lycées, collèges, écoles normales primaires, écoles supérieures (1); en outre, un Ministre quetout le monde reconnaît pour l’appréciateur le plus compétent de ce qui peut contribuer au progrès desbonnes études, M. Villemain, jugeant cet ouvrage digne d’une recommandation particulière, invitaititérativement les proviseurs des iycées à le placer dans les salles d’étude, et à le mettre surtout à ladisposition des élèves des hautes classes, « qui peuvent, disait-il, y trouver de précieuses ressourcespour l’intelligence des sujets qu’ils ont à traiter (2). »
Une autre sanction était nécessaire pour un ouvrage qui, comprenant l’histoire abrégée de la Religionet des institutions religieuses, de tous les cultes, de toutes les sectes, donnant la biographie dos héré-siarques, des schismatiques, aussi bien que celle des Pères de l’Église , des saints et des martyrs, toucheau dogme par une foule de points et soulève à chaque pas des questions épineuses : cette sanction nenous a pas manqué. Après une révision sévère, exécutée de concert avec un savant ecclésiastique,M. l’abbé De la Couture, qui a déployé dans cette pénible fâche autant d’érudition et de discernement (piede persévérance, le Dictionnaire universel a été approuvé par Mgr l’Archevêque de Paris dans des termesqui ajoutent encore au prix d’un tel suffrage (3). Bien plus, ce livre ayant été l’objet d’attaques aussiinjustes que passionnées, le vénérable prélat a pris ouvertement notre défense dans un Mandement mémo-rable, donnant ainsi une nouvelle consécration à l’approbation dont il nous avait précédemment honoré (4).
Enfin le public, juge en dernier ressort des ouvrages qui lui sont destinés, a aussi prononcé à sontour : l’accueil qu’il a fait au Dictionnaire universel a été tellement empressé que huit éditions ont étéépuisées en huit années. Peu de mois se sont écoulés depuis l’apparition do la 8 e édition, et déjà il estdevenu nécessaire d’en publier une nouvelle.
L’auteur n’a pas tardé à participer lui-même à la faveur dont ce livre était l'objet. Élevé au graded’officier de la Légion d’honneur par un Ministre qui voulait eu même temps encourager un travailutile et récompenser des services administratifs (5), il a bientôt appris avec la plus agréable surprise queses modestes travaux avaient été aussi remarqués à l’étranger, et que l’ordre si distingué de Charles IIId’Espagne venait de lui être conféré (6) : toutefois il ne pouvait lui échapper qu’il devait une telle dis-tinction moins à son mérite d’auteur qu’à l’affectueux souvenir d’un prince qu’il avait, comme professeurau collège Henri IV , compté parmi ses auditeurs les plus assidus, et qui, devenu roi, a su prouver qu’enmontant sur un trône on no perd pas la mémoire du coeur.
En même temps, plusieurs corps savants, VAcadémie des sciences, arts et belles-lettres do Caen ,Institut historique et géographique du Brésil , l’ Institut national pour l’avancement de la science desÉtats-Unis siégeant à Washington , daignaient nous admettre dans leur sein. Qu’il nous soit permis de re-nouveler ici publiquement l’expression de notre profonde reconnaissance pour des honneurs que nousn’eussions pu solliciter sans présomption, et qui ont d’autant plus do prix à nos yeux qu’ils nous ontété décernés spontanément.
Nous avons redoublé d’efforts pour justifier tant de bienveillance. Le Dictionnaire universel a étésoumis encore une fois à une révision approfondie : plusieurs omissions ont été réparées ; l’histoire dechaque pays a été conduite jusqu’à nos jours ; nous avons surtout opéré de nombreuses rectifications,dont plusieurs, nous nous faisons un devoir de le déclarer, sont dues aux précieuses communicationsde lecteurs amis (7). Nous avons lieu de penser qu’à la faveur de cos améliorations, notre ouvrage at-teindra bientôt cette entière exactitude qui permet à un livre do faire autorité.
Un nouveau Supplément termine le volume. Nous nous flattons quo ect appendice, qui peut se joindreà toutes les éditions publiées jusqu’ici, ajoutera à l’intérêt do l’ouvrage principal : nous y consignonssoit pour l’histoire, soit pour la géographie, les changements do quelque importance qui se sont ac-complis le plus récemment ; nous y donnons place à toutes les célébrités qui ont disparu de la scènedu monde depuis la première impression du Dictionnaire universel (1842), et dont la plupart ont jouéun rôle aux grandes époques de la République , du Consulat et de l’Empire, ou dans les temps plusrapprochés, sous la Restauration, sous la Monarchie de Juillet, ou même depuis la République de 1848.
Au moyen de ce Supplément . et par l’effet du soin que nous avons pris de recueillir les faits à mesurequ’ils s’accomplissaient, ce Dictionnaire a pu, comme un registre sans cesse à jour, se tenir constam-ment au courant des événements, et échapper ainsi au défaut le plus ordinaire des ouvrages de ce genrequi, à peine terminés, sont déjà vieillis.
(i) Voyez en regard du titre du Dictionnaire le texte decette «autorisation.
(a) Voyez au même lieu les deux circulaires du Ministre.
(3) Voyez «aussi en regard du titre le texte de l'approba-tion eerlésinstirpie,
(4) Mandement du a4 août i85o.
(5) Ordonnance royale du 7 décembre a S4<>.
( 6 ) Ordonnance royale du 27 octobre >S47*
(7) Voyez, pour quelques fautes qui nous avaient échappépendant le tirage, I* Errata de la paçe iç)24-