PRÉFACE DE LA I" ÉDITION
En publiant le Dictionnaire classique des noms propres de l'Antiquité sacrée etprofane, où nous avions rassemblé tout ce qui se rapporte aux temps anciens, oùnous donnions l’explication des noms propres de tout genre que l’on trouve dansles auteurs grecs ou latins et dans les écrivains sacrés, nous n’avions satisfait qu’enpartie a ce besoin que l’on éprouve à chaque instant de s’expliquer les noms inconnusqui se rencontrent dans la lecture ou dans la conversation. Pour que notre travail fûtcomplet, il fallait y comprendre les temps modernes , qui donnent lieu a des ques-tions bien autrement nombreuses, et dont l’étude acquiert tous les jours plus d’im-portance dans l’éducation.
L accueil si bienveillant qu’a obtenu notre premier ouvrage, l’honorable sanctionque lui a donnée le Conseil royal de l’Université dès son apparition (*), nous im-posaient l’obligation de compléter notre œuvre et de la perfectionner. C’est ce quenous avons tenté de faire dans ce Dictionnaire universel d’Histoire et de Géo-graphie, où, supprimant la limite arbitraire qui sépare les temps anciens des tempsmodernes, les contrées classiques des autres contrées du monde, nous avons embrassétous les âges ainsi que tous les pays.
Le nouveau Dictionnaire que nous publions aujourd’hui offrira une réponse suc-cincte aux diverses questions que l’on peut s’adresser sur les personnages historiquesou fabuleux, sur les lieux, les événements, les institutions, les cultes, les sectes qui ontattiré l’attention des hommes â quelque titre que ce soit. Réunissant une foule de notionsutiles qui sont disséminées dans des collections volumineuses ou dans des ouvragesdispendieux, il mettra â la portée de tous ce qui autrement fût resté le partage d’unpetit nombre; résumant tous les dictionnaires d’histoire, de mythologie, de biographie,de géographie ancienne et moderne, il pourra remplacer a lui seul un grand nombrede livres divers, dont la multiplicité devient bientôt un embarras : onerat discen-tem turba, non instruit (**).
La réunion en un seul corps d’ouvrage de tant de matières diverses, mais analoguesentre elles, et qui ne se trouvent ordinairement traitées que dans des dictionnaires sé-parés , nous a procuré des avantages importants que ne pouvait offrir aucun de ces dic-tionnaires. Au lieu de scinder ce qui est naturellement et nécessairement uni, nousavons pu rassembler et coordonner des éléments inséparables, qui sont comme lesmatériaux d’un même édifice; établir une juste proportion entre toutes les parties,et donner a chaque sujet l’étendue que lui assignait son importance relative ; fondreen un setd et même article les renseignements de toute nature qui se rapportentau même sujet. Nous avons pu rapprocher, en les distinguant, tous les personnages,tous les lieux qui ont porté un même nom et que l’on eût été tenté de confondre;faire mieux saisir le passage de la fable â l’histoire, de la géographie ancienne à lagéographie moderne; montrer l’origine des noms des grandes familles dans lesnoms mêmes des lieux qui leur ont servi de berceau, ou réciproquement expliquer lesdénominations des lieux en les plaçant auprès des personnages ou des peuples dont ilsont emprunté le nom. Nous avons pu appliquer d’un bout a l’autre les mêmes sys-tèmes de chronologie, de géographie, d’interprétations mythologiques, le même système
(') Arrêté du 1S mars 182G. ("J Sénèque, De iranquillitaie animœ, chap. IX.