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années à élever ce beau monument. La révolutiondépouilla Barthélemy de la plupart de ses places ;il fut même un instant empr isonné, en 93 ; cepen-dant on lui rendit bientôt la liberté et on le rétablitdans ses fonctions de garde du cabinet des mé-dailles. Il les conserva jusqu’à sa mort, arrivée en1795. Il avait été reçu en 1747 à l’Académie des In-scriptions, et en 1789 à l’Académie Française . Outrele Voyage d’Anacharsis (dont la 1” édition parut en1788 chez Dehure, 4 vol. in-4, avec un Atlas deBarbié du Bocage , et qui a été tant de fois réimpri-mé depuis), Barthélemy a donné un très grand nom-bre de dissertations savantes qui ont été insérées dansles Mémoires de l'Acad. des Inscriptions ou publiées àpart. On remarque surtout Y Explication de la mosaïquede Palestrine, 1760, in-4 ; les Réflexions sur l’alpha-bet et la langue de Palmyre, 1754; les Réflexionssur quelques monuments phéniciens, 1758. On aaussi de lui*des œuvres diverses qui ont été publiéesen 1798 par Sainte - Croix. Barthélemy a rédigé lui-même en 1792 et 93 des Mémoires sur sa vie qui setrouvent en tête de plusieurs éditions du Voyage d'A-nacharsis.
Barthélemy (le marquis François), l’un des direc-teurs de la république française, né en 1750, à Au-bagne en Provence, mort à Paris en 1830, était ne-veu du précédent. Protégé par le duc de Choiseul,l’ami de son oncle, il suivit avec succès la carrièrede la diplomatie. Nommé ministre de France enSuisse pendant la révolution, il conclut à Bâle , en1795, deux traités, l’un avec la Prusse., l’autre avecl’Espagne , qui commencèrent à mettre un terme àla guerre européenne . Sa réputation de modérationle fit porter au Directoire (20 mai 1797) ; mais cettemodération même, et les dispositions royalistes qu’onlui supposait, l’en tirent bientôt exclure. Frappé parle coup d’état du 18 fructidor (4 septembre 1797), ilfut déporté à Cayenne , et bientôt après transféréavec ses compagnons d’infortune dans les désertspestilentiels de Sinnamari. Étant parvenu aprèsmille périls à s’échapper, il fut accueilli dans laGuyane hollandaise, où on lui fournit les moyensde se rendre en Angleterre. 11 rentra en France au18 brumaire (9 novembre 1799), et devint membredu sénat conservateur , puis pair de France (1815).Il proposa en 1819 de restreindre les droits élec-toraux.
BARTHÉLEMY (la saint-). On nomme ainsi lemassacre des Protestants ordonné dans toute la France par Catherine de Médicis et Charles IX , et qui com-mença le 24 août 1572, jour de la fête de saint Bar-thélemy. On a émis les opinions les plus contradic-toires sur le nombre des victimes, les uns l’élevantjusqu’à 60,000, les autres l’évaluant à 2,000àpeine.Coligny, le jeune La Rochefoucauld, Caumont de laForce, deGuerchy, Antoine de Clermont , le marquisde Renel, Pardaillan, le capitaine de Piles , furentles principales victimes de cette horrible boucherie.Beaucoup de Catholiques périrent eux-mêmes assas-Binés par leurs ennemis personnels. Dans plusieursprovinces cependant, les gouverneurs refusèrentd'obéir aux ordres sanguinaires de Charles IX . Onconnaît la réponse attribuée au comte d’Orthes, gou-verneur de Bayonne : « Sire, je n'ai trouvé parmi lesgens de guerre de la garnison que bons citoyens etbraves soldats, mais pas un bourreau. »
BARTHEZ (Paul-Jos.), célèbre médecin français ,né à Montpellier en 1734, fils d’un ingénieur desponts et chaussées, étudia à Montpellier , puis vint àParis , fut deux fois couronné par l’Acad. des Inscrip-tions, et se lia avec les savants les plus distingués,entre autres d’Alembert, qui le fil travailler à Y En-cyclopédie. Il fut en 1756 nommé médecin d’un hô-pital militaire, puis envoyé comme officier de santéà l’armée de Westphalie . En 1759, il obtint à lasuite d'un brillant eoncours une chaire de méde-
cine à Montpellier , et se voua désormais tout entierà l'enseignement, où il obtint pendant plus de 20ans les plus éclatants succès. Appelé à Paris en1780, il fut nommé médecin consultant du roi, mé-decin du duc d’Orléans et conseiller d’état. A la ré-volution il se retira à Carcassonne , et lors du réta-blissement des facultés, il reçut le titre de profes-seur honoraire à Montpellier . En 1801 il devintmédecin du premier consul et correspondant del'Institut. Il mourut à Paris en 1806. Ses princi-paux ouvrages sont : Oralio de principio viiali ho-minis, Montpellier , 1773; Nova Doctrina de func-lionibus corporis humani , ibid., 1774; Nouveaux Elé-ments de la science de l’homme , Montpellier , 1778,et Paris , 1806 , 2 vol. in-8 ; c’est le plus importantde tous ses écrits; Nouvelle Mécanique des mouve-ments de l’homme et des animaux, Carcassonne , 1802 ;Histoire des maladies goutteuses, Paris , 1802 ; Traitédu Beau, ouvrage posthume, Paris , 1807. Il a enoutre fourni beaucoup d’articles à Y Encyclopédie,au Journal des Savants , et des mémoires à plusieurssociétés savantes. A une étude profonde du corpshumain, à un grand talent dans l’art de générali-ser , Barthez joignait une érudition prodigieuse : ilpossédait presque toutes les langues de l’Europe .Ce qui le caractérise dans l'histoire de la médecine,c’est d’avoir renoncé aux explications chimiques oumécaniques, et d’avoir reconnu la nécessité d’ad-mettre , pour expliquer les phénomènes physiologi-ques , une force spéciale, distincte des propriétés gé-nérales de la matière, et qui même peut quelque-fois les combattre : c’est ce qu’il appelle principevilat. Mais il a laissé trop de vague sur la naturede ce principe ; il en fait un être qui n’est ni le corpsni lame, et qui se réduit ainsi à une pure abstrac-tion. — Un frère de Barthez, Antoine Barthez deMarmorières, mort en 1811, s’est signalé par sonardent royalisme : il fut un des agents les plus ac-tifs du comte d'Artois. Il a laissé quelques écrits,entre autres une tragédie de la Mort de Louis XVI .
BARTHHJS (Gaspard de barth, en latin), savantcritique allemand, né en 158 7 à Custrin , mort en 1658,était fils d’un professeur de droit. Il a laissé des com-mentaires estimés sur Claudien, Francfort , 1650 ; surStace , 1664, et des Adversaria , Francfort 1624.—Plusieurs autres savants allemands ont porté lemême nom, entre autres Frédéric-Gottlieb Barth,auteur d’une édition estimée de Properce , Leipsick,1777.
BARTHOLE , célèbre jurisconsulte, né en 1313 àSasso-Ferrato en Ombrie, enseigna le droit à Pise età Pérouse , et fut député par cette dernière ville au-près de l’empereur Charles IY, dont il se concilia labienveillance, et qui le nomma conseiller. Il abré-gea sa vie par sa trop grande assiduité à l’étude, etmourut en 1356 à 44 ans. On s’était contenté jus-que-là de faire, sous le titre de Gloses , des notes fortcourtes sur les passages obscurs du Corpus juris;Barthole est le premier qui ait fait des commen-taires suivis sur toutes les parties du texte, et il yréussit si bien, que les jurisconsultes qui l’ontsuivi l’ont d’un commun accord regardé commeleur maître. Dumoulin l’appelle le coryphée des in-terprètes du droit. Le principal ouvrage de Barthole est intitulé : Leçons sur le Code [Lectures in très librosCodicis), Naples , 1471, in-fol.Toutes ses œuvres ont étéimprimées en 10 vol. in-fol., Venise , 1590. On y remar-que un ouvrage bizarre, intitulé : Processus Satanéscontra Virginem coram judtce Jesu. On lui attribuela rédaclion de la fameuse bulle d’Or. Il a paru àMunich une éd. compl. de B., 1845-46, 8 vol. in-4.
BÀRTHOL1N, nom d’une savante famille danoise,qui a produit plusieurs médecins distingués. Le plusconnu est Thomas Bartholin, né à Copenhague en 1616, mont en 1689. R étudia à Leyde, à Padoue et à Bâle , et fut professeur de médecine à Copen-