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ploie un nombre infini d'habitants qui vivent surdes barques ou jonques, dont la multitude forme encertaines localités des villes flottantes.—Le gouverne-ment est monarchique et absolu, mais tempéré par ledroit de représentation accordé à certaines classes demagistrats et par l'obligation où est l'empereur de nechoisir ses ministres que dans le corps des lettrés etd’après des règles fixées. Leslettrés, qui sont au nom-bre de 500,000 environ, forment, avec les officiers mi-litaires, la noblesse de l’état. Ils ne reçoivent ce titrede lettré qu’après un examen ; eux seuls ont le droitde prétendre aux emplois publics et au titre de man-darins. ( Voy. mandarins.) Après la classe des lettrésvientcelle des agriculteurs, puis en troisième et qua-trième rangs les industriels et les commerçants. L’em-pereur est chef de la religion en même temps quede l’état. 11 réside d’ordinaire à Pékin, mais dansl’été il habite Dche-hol dans la Mongolie. Les ap-pointements des employés de l'état et la solde del’armée sont payés moitié en argent, moitié en na-ture. On évalue les forces militaires à 750,000 hom-mes, maisces troupes sont mal armées et mal exercées;leur artillerie est très mauvaise et la tactique peusavante.—Trois cultes différents régnent en Chine :1» celui de Confucius (Koung-fou-lsée) ou des Lettrés ,qui est la religion de l’état et celle des classes lesplus élevées; ce culte reconnaît un Être suprême ; ila des temples, mais point de prêtres (l'empereur seulremplit les devoirs religieux au nom de tout le peu-ple) ; ce culte recommande surtout la piété filiale, lerespect pour la vieillesse et le culte des morts.2° Celui de Tao-tsé ou de la raison primitive, cultede la raison, établi 600 ans av. notre ère par le philo-sophe Lao-Tseu, mais qui a dégénéré en une sorte depolythéisme. Les prêtres de cette religion s'occu-pent de magie et d'astrologie. 3° Celui de Bouddha,en chinois Fo-tho , et par abréviation Fo (Voy.bouddhisme). On trouve aussi dans la Chine desMusulmans, des Juifs et quelques Chrétiens.qui sontpour la plupart des Chinois convertis par les Jésuites.
Histoire. Les Chinois donnent à leur histoireune antiquité merveilleuse ; leurs annales ne com-prendraient pas moins de 80 à 100,000 ans. Cepen-dant on peut raisonnablement placer vers le xxx”siècle av. J.-C. l’existence de Fo-hi, leur premierlégislateur, et celle de Yen-ti ou Ching-nong, leurpremier agriculteur. C’est à partir de l’an 2G37,sous le règne de Houang-ti, 3 e souverain de laChine, que les Chinois font commencer leur èrehistorique et qu’ils comptent leurs cycles, dont ladurée est de 60 ans. L’histoire nomme six succes-seurs de Houang-ti (parmi lesquels on distingueYao), jusqu'à l’an 2197, époque de l’avénement deYu, chef de la dynastie Hia, 1" dynastie impériale.Du X e au iii' siècle avant J.-C., sous la dynastiedes Tchéou-kue, c.-à-d. des rois combattants, laChine fut morcelée en un nombre infini d'états in-dépendants, perpétuellement en guerre les uns con-tre les" autres. Enfin l’an 247 av. J.-C., Thsin-chi-hoang-ti, de la dynastie desThsin, réunit toute laChine sous son empire, repoussa les invasions desMongols et construisit la yrande muraille, qui sépareîa Chine de la Mongolie, 214. A la dynastiedes Tlisinsuccéda celle des Han (de 202 avant J.-C. à 226aprèsJ.-C.); elle agrandit l’empire par de vastes conquê-tes, encouragea les sciences et les lettres, et fit re-cueillir les ouvrages de Confucius, mort l’an 479avant J.-C. Au il” siècle de notre ère, époque desgrandes migrations des nations de l’Asie, la Chineeut à subir plusieurs invasions et finit par se diviseren deux empires ; celui du nord, où régnèrent si-multanément les Goé’f, le Pé-tsi, les Iléou-tchéou ;et celui du sud, où se succédèrent les dynasties desSong, des Tsi, des Liang, des Tchin et des Soui. Cesdeux empires furent enfin réunis sous l’empereurLi-ang (618), fondateur de ia dynastie Tang, qui
conserva le pouvoir pendant trois siècles. Du ix”au xin” siècle, la Chine fut ravagée par les invasionscontinuelles des Mongols et des Tartares. En 1225,les Tartares avaient conquis toute la partie septen-trionale de la Chine jusqu’au fleuve Bleu et avaientsoumis à un tribut les rois de la dynastie Song quioccupaient les provinces au S. de ce fleuve. Ceux-ciappelèrent à leur secours les Mongols; Kubiaï-Khan,leur chef, repoussa en effet les Tartares (1260),mais il chassa bientôt après les rois Song eux-mêmes,et devint ainsi maître de la Chine entière ; il fonda ladynastie Yen (1279). Les princes de cette dynastie res-pectèrent les mœurs et les usages du peuple vaincu ;cependant ils ne purent longtemps maintenir leurdomination, et, sous le règne de Choun-ti (1360),un Chinois nommé Chou souleva toute la popula-tion contre les étrangers, expulsa les Mongols etmonta sur le trône sous le nom de Taï-tsou. Sessuccesseurs, appelésMings, régnèrent jusqu’en 1644,et furent presque tous des princes distingués. C’estsous le règne de l’un d’eux, Ou-tsoung, que les Por-tugais abordèrent pour la première fois à Macao, en1514, et obtinrent le droit de commercer avec laChine. Enfin, par une dernière révolution, les Tar-tares Mandchoux, à qui l’empereur Chin-tsong avaitpermis, depuis Tan 1573, de s’établir dans les provin-ces septentrionales de la Chine, s'emparèrent de Pé-kin, et détrônèrent le prince régnant, Tchang-li ; leurchef, Choun-tchi, se fit alors proclamer empereur detoute la Chine (1644). Ses descendants y régnentencore aujourd'hui. C’est surtout sous la dynas-tie mandchoue que l'empire chinois a atteint l’im-mense étendue qu’il possède actuellement. Kang-hi(1662-1723) soumit toute la Mongolie et l'île For-mose. Kien-long (1735) conquit le Thibet, le Kach-gar, la Dzoungaric, et étendit son empire jusqu'à laBoukharie et les frontières de Tllindoustan ; il es-saya, mais en vain, de soumettre l’empire Birman.En 1795, il abdiqua en faveur de son fils Kia-kingdont le règne fut troublé par des séditions conti-nuelles. Enfin en 1820, Mian-ning, fils de ce der-nier, surnommé Tao-kouang ( splendeur de la raison),lui succéda. Ce prince ne craignit point, en 1840, dedéclarer la guerre aux Anglais, qui, malgré ses dé-fenses , avaient importé de l’opium dans ses états :cette guerre s'est, après une faible résistance des Chi-nois, lerminéeà l’avantage de l'Angleterre (aoûtl842).Dynasties et souverains de la Chine.
Fo-hi,
Yen-ti ou Ching-nong,Houang-ti,
Chao-hao,
Tchouen-hio,
Ti-ko,
Yao,
Clioun,
env. 3000av.J.-C.2838269825982514243623572255
1"
dynastie , Hia, 17 règnes, 2197
2”
—
Chang, 28
—
176G
3”
_
Tchéou, 36
—
1122
4”
__
Tlisin, 3
—
247
5”
_
Han, 25
—
202
G”
_ _
Tchéou-han, 9
—
226 ap. J.-C.
7”
_
Tsin, 14
—
264
8”
_
Song, 7
—
419
9”
_
Tsi, 6
—
479
10”
_
Li-ang, 4
—
502
11”
_
Tchin, 4
—
556
12”
_
Soui, 3
■-
5S9
13”
—
Tang, 21
—
618
14”
—
Héou-li-ang, 3
—
907
15-
,—
Héou-fang, 4
—
923
16”
_
Iléou-tsin, 2
—
936
17*
_
Héou-han, 3
—
947
18”
_
Héou-tchéou, 3
—
951
19”
_
Song, 18
—
960
20”
—
Yen (Mongols),14
—
1279