CRI T — 440 — CROI
Crimée, à 22 kil. O. de Kéfa (Caffa ), a donné sonnom à la, Crimée ; 600 maisons.
CRIMÉE (la), la Clierson'ese Taurique des anciens,presqu’île de la Russie d’Europe, sur la mer Noire ,a pour bornes à l’O. et au S. la mer Noire ; au N.l'isthme de Pérékop qui la joint au continent, et àl’E. le détroit d’iénikaleh. Villes principales : Sim-féropol (ch.-I. de la Tauride ), Akhtiarou Sévastopol,Karloy, Kéfa, lénikaleh, etc. Elleest très fertile.—LaCrimée, qui doit son nom à la petite ville de Crim, futhabitée primitivement par un peuple appelé Tau-ri , d’où les Grecs l’appelèrent Tauride ou Cherso-nise Taurique. Ces derniers s'y établirent au vi' siè-cle av. J.-C., y fondèrent plusieurs villes, et formè-rent vers 480 le petit roy. du Bosphore, qui plustard fut soumis successivement par Mithridate ,par les Alains et les Goths. Enfin les Huns en-vahirent la Crimée et la possédèrent jusqu’à la findu iv' siècle de notre ère, époque à laquelle lesHongrois s’en emparèrent. L'empereur Justinien lesen expulsa au vi' siècle, mais en 679 les Khazares la soumirent complètement. Après eux, la Crimée subit la domination des Petchenègues, des Polovtzes,desTartares du Kaptchak en 1237, des Génois (1261)qui y bâtirent la ville de Kéfa. En 1475, Maho-met II mit la Crimée sous sa dépendance en lais-sant à un khan le gouvernement du pays. Cathe-rine II, impératrice de Russie , occupa ce pays en1783 , et se le fit céder par les Turcs en 1791.
CRIM1SE, Crimisus ou Crimisa , nom commun àdeux rivières chez les anciens : la première, dans leBruttium , est auj. la Lipuda; elle arrosait une villede Crimise (auj. lo Ziro) ; la seconde en Sicile (auj.Fiume di Calala-Bellota) ; cette dernière arrosaii Sé-geste ; elle a son embouchure sur la côte S. Timo-léon vainquit les Carthaginois sur ses bords l’an 340av. J.-C. On l’appelle aussi Crinise.
CRIOU-METOPON, c.-à-d. en grec front de bélier,promontoire de la Chersonèse Taurique , auj. lecap KARADJÉ-BOUROUN.
CR1QUEBOEUF, bourg du dép. de la Seine-Inf.,à 35 kil. du Havre ; 1,850 hab.
CRIQUETOT-L’ESNEVAL, ch.-l. de cant. (Seine-Inf.), à 19 kil. N. E. de Montivilliers ; 1,300 hab.
CRISHNA , divinité indienne. Voij. krtciina.
CRISPES (FL Julius), fils de Constantin , futcréé par lui césar en 317, et remporta une victoiresur Licinius . Ce jeune prince inspira une passioncoupable à Fausta , sa belle-mère; ayant repoussésos offres, il fut accusé par elle d’avoir voulu la sé-duire. Constantin , trop crédule, fit empoisonner sonfils, l’an 326.
CRISSA, v. dePhocide, au S. 0. de Delphes , prèsdela côte. Les Crisséens ay. pillé le temple de Delphes ,leur v. filtras, parord. des Amphictyons,594 av. J.-C.
CRITIAS , le plus célèbre des trente tyrans établispar Lysandre à Athènes après la prise de cette ville(404 av. J.-C.), était lui-même Athénien et avaitété exilé de sa patrie. Il commit toutes sortes decruautés et mit à mort un grand nombre de citoyenspour s’emparer de leurs biens. Thrasybule étantvenu, à ia tête des exilés, attaquer les trente tyrans,Critias périt dans le combat (400). 11 avait cultivéavec succès leloquence et la poésie, et avait suiviquelque temps les leçons de Socrate. Platon a donnéle nom de Critias à un de ses dialogues, et a faitfigurer ce personnage dans le Timée.
CRITOLAUS , philosophe péripatéticien. Les Athé-niens l’envoyèrent en ambassade à Rome avec Car-néade et Diogène , 155 av. J.-C.
CR1TON, disciple et ami de Socrate , offrit à cephilosophe les moyens de sortir de prison sans pou-voir les lui faire accepter, et resta près de lui jusqu'àses derniers moments. 11 mourut vers l’an 380 av.J.-C., après avoir formé plusieurs disciples distin-
gués. Il avait composé des dialogues philosophiquesqui ne nous sont pas parvenus. Platon a donné lenom de Criton à un dialogue dans lequel il met enscène le noble refus de Socrate .
CROATIE, Liburnia, région d'Europe , bornée àl’O. par l’Illyrie, à l’E. par l’Esclavonie et la Bosnie ,est auj. partagée en deux parties, dont l’une appar-tient à l’Autriche, l'autre à la Turquie :
Croatie autrichienne , Ilorvath Orszag en mad-gyar, entre la Hongrie, au N., la Slavonie à l’E., laBosnie au S., le gouv. d’ïllyrie à l’O.; 1,050,000 hab.Ch.-l., Agram. Elle se divise en Croatie civile ouRoyaume de Croatie , qui fait partie des pays hon-grois et qui est formé de trois gouvernements(Agram, Kreuz, Warasdin ); et Croatie militaire ougénéralat réuni de Carlstadl-Warasdin et du banalde Croatie ; celle-ci est divisée en huit régiments.Pays montagneux; sol peu fertile, sauf au N. et àLE.; forêts. Beaucoup de mines et de carrières.Industrie nulle, peu de commerce. Les Croates sontde souche slave.
Croatie turque, région de la Turquie d’Europe ,comprise dans l’eyalet de Bosnie , où elle forme lesandjak de Bagna-Louka, au N. de l’Herzégovine ,entre la Verbass et l’Unna, forme l’extrémité occi-dent. de l’empire ottoman , et a pour villes princi-palesGradisca(ouBebir), Dubicza , Novi, Unnacz,etc.
La Croatie forme la partie de l'Ulyrie à laquelleles Romains donnèrent les noms de Liburnie, puisde Corbavie . De 625 à 64 1 elle se forma en royau-me indépendant ; mais elle fut obligée de reconnaî-tre la suprématie de Charlemagne au vm* siècle ;elle se mit ensuite sous la protection des empereursgrecs an ix», et finit par être conquise en grandepartie par les Hongrois , de 1091 à 1102. Depuis cetemps la Croatie n’a point cessé d’être comprisedans le roy. de Hongrie . Une partie seulement futconquise par les Turcs et resta sous la dominationottomane. Les Français ont possédé la Croatie au-trichienne de 1809 à 1815.
CROCIATONUM, ville de la Gaule Lyonnaise , estauj. Valognes, ou plutôt Turqueville , suivanlM.Walc-kenaftr. Crocialonorum portus serait Barneville .
CROCOD1LOPOL1S , ville d’Egypte , la mêmequ’Arsinoéd’Heptanomide, auj. Medynel-el-Fayoum.— Autre ville d’Égypte, la même qu ’Athribis , auj.
ATHRIB.
CROCQ, ch-1. de canton (Crèuse ), à 16 kil. E.de Felletin ; 500 hab.
CROI. Voy. croy.
CROIA, Eribœa, ville de la Turquie d’Europe (Roumélie), dans l’ancienne Albanie , à 30 kil. S. E.d’Alessio, sur une colline. Environ G,000 hab. Châ-teau-fort. Patrie et résidence de Scanderbeg .
CROISADES . On donne spécialement ce nom àplusieurs expéditions qui, depuis 1096 jusqu'en 1291,furent entreprises, sous les auspices du saint-siège,par différents rois et seigneurs d’Europe , dans le butde chasser les Infidèles des saints lieux où mourut leSauveur. Tous ceux qui prenaient part à ces ex-péditions portaient sur leurs vêtements une croixrouge ; d’où ils recevaient le nom de Croisés.On compte généralement huit croisades. La pre-mière eut lieu de 1096 à 1100, sous le pontifi-cat d’Urbain 11; elle futprêehée par Pierre-l’Ermite ,et eut pour principaux chefs Godefroy de Bouillon ,Eustache et Baudoin, ses deux frères, Hugues de Ver-mandois, Robert II , duc de Normandie, Boëmond,prince de Tarente, Tancrède, son nev., etRaymonddeToulouse. Les faits les plus imp. de l’exp. sont la bat.de Dorylée (1097), où les Musulmans furent entière-ment défaits; la prise deNicée, d’Edesse (1097), d’An-tioche (1098) et celle de Jérusalem (1099). Les Croi-sés formèrent à Jérusalem un roy. chrétien, dont ilsdéférèrentlacouronne àGodefroy de Bouillon; et dansles villes voisines plusieurs principautés où régnèrent