dix hommes dans l’origine, lorsque la centurie étaitde cent hommes. Mais le nombre des citoyens quiformaient une centurie ayant augmenté dans lasuite, la décurie s'accrut dans la même proportion.(Voy . centurie.) — Le chef d’une décurie étaitnomnaé décurion.
DÉDALE, personnage fabuleux, natif d’Athènes ,est célèbre comme mécanicien et comme statuaire.Il inventa, dit-on, le vilebrequin, la scie, la hache,les mâts et les voiles des vaisseaux. Ayant tué parjalousie son neveu Talus ou Perdix, qui promettait dele surpasser un jour, il fut exilé par l’aréopage et seretira dans file de Crète . Là il bâtit, par les ordres deMinos , le fameux Labyrinthe ; mais ayant favorisé lesamours criminelles de Pasiphaé, épouse de Minos , ceprince l’enferma lui-même dans cet édifice avec son (ilsIcare . 11 fabriqua, pour s’échapper, des ailes forméesde cire et de plumes d’oiseaux, et traversa ainsi lesairs avec son fils ; Icare étant tombé dans la mer, Dé-dale arriva seul à (lûmes en Italie , ily bâtit un tem-ple à Apollon; de là il passa en Sicile,où Cocalus ,roi de la contrée, le reçut d’abord très bien; maisensuite, craignant que Minos ne lui déclarai la guerre,il le fit tuer. — Les Grecs ont donné depuis le nomde Dédale à plusieurs artistes habiles.
DEE, nom commun à plusieursriv. de la Grande-Bretagne , dont les deux principales sont situées, l’unedanslepaysdeGalles (Mérioneth) ; elle passe à Ghes-ler et se jette dans la mer d’Irlande (c’est l’ancienneDera ou Seteia); l’autre en Écosse. - elle sort dumont Cairntoul, coule au S. sous le nom de Burnde Garchary, et tombe dans la mer du Nord prèsd’Aberdeen (à laquelle elle donne son nom), après150 kil. de cours. C’est la Devam des anciens.
DEE (J.), astrologue et illuminé, fils d’un mar-chand de vin do Londres , né en 1527, mort en1007, avait des connaissances étendues en mathé-matiques et en astronomie, mais donna dans lesrêveries de l’astrologie, de la cabale et de la magic,chercha la pierre philosophale, et prétendit avoirdes entretiens avec les esprits malins. 11 parcourutl’Europe avec un fourbe nommé Kelly, s’introdui-sit auprès de plusieurs souverains, tels que la reineÉlisabeth, 1' empereur Rodolphe, Etienne, roi dePologne ; jouit d’un moment de faveur, puis se fitchasser, et mourut dans la misère. 11 a éerit de 1504à 1591 un grand nombre d’écrits où sont consignéesses folies. Méric Casaubon a donné un recueil de sesœuvres, Londres, J659. On a publié à Londres lamême année une Relation fidèle du commerce deDee avec les esprits. — Son fils, Arthur Dee , a aussiécrit sur la philosophie hermétique.
DEPEND EUS, association politique qui se formaen Irlande après la victoire de la Boyne (1090),remportée par Guillaume 111 d’Orange, et dont lehui était de défendre les droits des Catholiquesopprimés. Elle était opposée à la faction des Oran -pistes Elle joua un grand rôle dans les soulèvementsde 1798 et de 1803. Lo nom de Defenders est auj.tombé dans l’oubli, mais l’association dite de la Jus-tice, dont O’Connell est actuellement le chef, n’estautre chose que les Defenders d’autrefois.
DEFENESTRATION de prague , nom donné àun acte de violence exercé par les états de Bohêmecontre les gouverneurs impériaux Slavata et Mar-tinis, et leur secrétaire Fabrieius (1618). L’empe-reur Mathias avait mal accueilli les réclamationsdes états au sujet de la liberté religieuse ; ceux-ci^présentèrent on armes au château du llradchineà Prague , résidence des gouverneurs impériaux; etcomme ces derniers, qui ne pouvaient sans un ordrede l’empereur satisfaire à leurs demandes, implo-raient un délai, ils les jetèrent, par les fenêtres;•nais tous trois échappèrent à la mort, quoiqu’ilseussent été précipités d’une grande hauteur. Cetévénement fut le signal de la guerre de Trente-Ans.
n — DEGU
DEFOE (Daniel), auteur du Robinson , né à Lon-dres vers 1663 , mort en 1731 , était fils d'unboucher et exerça lui-même l’état de bonnetier;mais entraîné par son goût pour la politique et lalittérature, il ne s'occupa guère que d écrire. Ap-partenant au parti des Whigs et des Non-Confor-mistes , il combattit dans plusieurs pamphlets viru-lents le gouvernement impopulaire de Jacques 11,et prépara de tout son pouvoir la révolution de1688. Il jouit de quelque laveur auprès de Guil-laume d’Orange , et obtint alors des emplois lucratifs.Mais sous le règne moins libéral de la reine Anne,il fut condamné en 1704 au pilori et à la prisonpar le parlement pour avoir écrit contre l’intolé-rance de l’église anglicane. 11 publia de sa prisonla Revue, ouvrage périodique qui eut un grand débit.1704-1713. Rendu à la liberté, il fut employé parle gouvernement à travailler à l’union do l’Écosse et de l’Angleterre et réussit dans cette mission.Mais de nouveaux pamphlets lui ayant attiré denouvelles disgrâces, il se dégoûta de la politique etne s'occupa plus que de littérature : il publia dansles quinze dernières années de sa vie plusieurs ou-vrages fort originaux qui obtinrent pour la plupartbeaucoup de succès ; l’Instituteur de famille, 1715,qui eut une vingtaine d’éditions; la Vie et les aven-tures de Robinson Crusoé , 1719, que tout le mondea lu ; la Vie du capitaine Singleton ; Histoire deDuncan Campbell, de Molly Flanders, du colonelJack, de Roxane; Mémoires d’un cavalier, 1720-24;Histoire politique du Diable , 1726 ; Système deMagie, 1729. Le Robinson Crusoé a été traduitdans toutes les langues ; la première traductionfrançaise, par St-Hyacinthe et Van Effen , a parudès 1720 ; la plus récente et la plus fidèle est cellequ’a publiée madame Tastu en 1835, 2 vol. in-8.
DEFORIS (J.-P.), bénédictin de la congrégation deSl-Maur, né à Montbrison en 1732, décapité à Paris en 1794, continua les Conciles des Gaules, et publia :Réfutation d'un nouvel ouvrage de J-J. Rousseau(l'Émile) , 17G2, in-S ; Réponse à la lettre de J.-J.Rousseau à M. de Beaumont, 17G4, 2 vol. in—12 ;exposition de la doctrine de l'Église sur les vertuschrétiennes, 1776, in-12. 11 a continué la belle édi-tion de Bossuet commencée par Lequeux, 1772 etannées suivantes.
DEGN1ZL1, ville de la Turquie d'Asie (Anatolie ),à 22 kil. S. O. de Koutaïeh, sur une petite rivièrequi paraît être le Lycus des anciens. Petit château;vignobles aux environs. Avant 1705, elle était trèsimportante, mais à cette époque un tremblementde terre Ut périr 12,000 de ses habitants.
IlEGO, bourg des États sardes, à 21 kil. S. d’Ac-qui, sur la Bormida . Victoire de Bonaparte sur lesAutrichiens, 15 avril 1796.
DEGÜERLE (J.-N.-Marie), littérateur, né en1766 à Issoudun (Indre), mort à Paris en 1824,était censeur du collège Louis-le-Grand. 11 cultivaavec succès la poésie légère et publia plusieurspièces estimées : Éloge des perruques , etc. (sousle nom supposé du docteur Akerlio), Paris , an vu(1799), in-12; la Guerre civile, imitation libre deEétrolie (en vers français ), imprimé avec texte latin enregard, an vu, in-8 ; et une traduction de VÉttéide,Paris , 1825, 2 vol. in-8,ouvrage posthume.il aaussicomposé un grand nombre de poésies fugitives.
DEGUIGNÉS (Jos.), savairt orientaliste, né en1720 à Pontoise , mort en 1800, étudia les languesorientales, spécialement le chinois, sous Fourmont;fut nommé en 1745 secrétaire-interprète pour leslangues orientales, en 1753 membre de l'Académiedes Inscriptions , en 1757 professeur de syriaque aucollège de France , et garde des antiques du Louvreen 1769. Ses principaux ouvrages sont : Histoiredes Huns, des Turcs , des Mogols et autres Tor-tures, etc., 1756-1758, 5 vol. in-4; Mémoire dans