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Dictionnaire universel d'histoire et de géographie : contenant 1. l'histoire proprement dite..., 2. la biographie universelle..., 3. la mythologie..., 4. la géographie ancienne et moderne... ; ouvrage autorisé par le Conseil de l'Instruction publique et approuvé par Mgr l'Archevêque de Paris / par M.-N. Bouillet
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d'utilité publique, porta au plus haut degré de per-fection l’exploitation des mines, et se fit par son in-dustrie un revenu qui s’élevait à 5 millions. 11 passases dernières années en France et en Italie , vivantdans la société des savants et répandant autour delui d'innombrables bienfaits. 11 mourut à Florence en 1828.—11 alaissé deux fils, Paul et AnatoleDemi-doff, qui, en héritant de sa fortune, onl conservé sabienfaisance et son goût éclairé pour les lettres. L’und’eux, le comte Anatole, s’est allié à la famille deNapoléon en épousant une de ses nièces, fille de Jé-rôme, comte de Montfort (1840). Il vit à Florence .

DEM1R-HISSAR, c.-à-d. château de fer, jadis He-raelea , ville de la Turquie d’Europe , à 90 kil. N. E.de Salonique , sur un mont au haut duquel est unvieux château-fort ; 8,000 hab.

demir-kapou , c.-à-d. porte de fer , défilé cé-lèbre et très important delà Turquie d'Europe , dansle Balltan, mène de Selimnia en Roumélie à Starékaen Bulgarie. — Autre défilé du Daghestan . Voy.DERBEND .

DEMM1N, ville des États prussiens (Poméranie ),à 97 kil. N. O. de Stettin, sur 3 riv. (Peene, Tollense ,Trebel); 4,200 hab.

DÉMOCÈDE, médecin de Crotone , né vers 558av. J.-C., vécut quelque temps à la cour de Po-lycrate, tyran de Samos , dont il gagna la faveur;après la fin tragique de ce prince, il devint esclavedu roi de Perse Darius. Le grand roi s’étant luxéle pied à la chasse, Démocède put seul le guérir ; ilfut dès lors rendu à la liberté et comblé de richesseset d’honneurs par ce prince qui voulut le retenir àsa cour. Néanmoins, Démocède , préférant sa patrie,renonça à tous ces avantages pour retourner àCrotone .

DEMOCR1TE, philosophe grec, né à Abdère versl’an 490, ou, selon d’autres, 470 av. J.-C., fut élevépar des mages qui étaient restés dans son pays aprèsl’expédition de Xerxès en Grèce ; étudia sous J.eu-cippe; voyagea en Égypte et en Asie pour augmenterson instruction, et dissipa sa fortune dans ces voyages,ainsi que dans les expériences qu’il fit en étudiant lanature. De retour dans sa patrie, il lut devant lesAbdévilainsuntrailéqu'ilav.comp.sur le Monde ; sesconcitoyens en furent tellement charmés qu'ils luifirent présent de 50 talents. La bizarrerie de songenre de vie le fit plus tard passer pour fou, et lesAbdéritains appelèrent Hippocrate pour le guérir ;mais le sage médecin, après l’avoir entendu, déclaraaux Abdéritains qu’ils étaient plus fous que lui. 11vécut, dit-on, t09 ans. Démocrite riait sans cesse desfolies humaines; on l'oppose à Héraclite qui, dit-on,pleurait toujours. Comme Leucippe, son maître, Dé-mocrite expliquait tout par les atomes, le mouvementet le vide. Il admit pour expliquer la connaissancedes corps des images ou idoles qui, émanant des ob-jets, sont reçues par nos sens. Mullach a recueilli lesFragments de D., Berl., 1843. G. Ploucquet a écrit :De Placitis D., 1767. On doit à M. Lafaist une excel-lente dissertation sur la philosophie atomistique, 1833.

DEMONA (val di), une des 3 anciennes divisionsde la Sicile , ainsi nommée de ce qu’elle renfermaitl’Etna , qui, dans les superstitions vulgaires, était re-gardé comme le séjour des démons ; elle comprenaitle N. E. de la Sicile et avait pour ch.-l. Messine .Auj. elle forme l’intendance de Messine et une partiede celles de Palerme et de Catane .

DEMONTE, ville des États sardes (Coni), à 19 kil.S. 0. de Coni , sur la Stura ; 6,000 hab.

DËMOSTHÈNES , le prince des orateurs grecs, néa Athènes l'an 381 av. J.-C., suivit les leçons d'iséeet de Platon et plaida dès l'âge de 17 ans contreses tuteurs qui voulaient le dépouiller de son bien.11 gagna sa cause; mais lorsqu’il voulut parler dans1 assemblée du peuple, il fut loin d’avoir le mêmesuccès ; l’imperfection de son style et plus encore un

vice de prononciation ie rendirent ridicule et lefirent couvrir de huées. Il alla vivre alors pendantplusieurs années dans une retraite profonde, se mità lire et à relire les grands maîtres, surtout Thu-cydide ; lutta contre les vices de son organe, en s’exer-çant à parler avec des cailloux dans la bouche et aubruit des vagues de la mer. Étant ainsi parvenu àforce de constance à corriger tous ses défauts, il re-parut en public à l’âge de 27 ans et emporta tous lessuffrages. Après avoir passé quelques années au bar-reau, il entra dans l'administration publique et futbientôt porté aux plus hautes charges. Il employatout son crédit et toute son éloquence à combattre lesprojets ambitieux de Philippe qui méditait l'asser-vissement de la Grèce ; prononça contre ce prince cesadmirables harangues connues sous le nom de Phi-lippiques et d’ O lynlhiennes, et réussit enfin à formercontre lui une ligue à la tête de laquelle étaient Athènes et Thèbes . 11 combattit lui-même àChéronée contre leroi de Macédoine (338 av. J.-C.), mais il ne fut pasheureux. Malgré ce mauvais succès, il n’en conservapas moins toute son influence. A la mort de Philippe,il chercha à rallumer la guerre ; mais Alexandre,déjà vainqueur de Thèbes , se fit livrer les orateursd’Athènes, et Démosthènes ne dut la liberté qu'à lagénérosité du jeune prince. Quelques années après,il fut exilé sur l’accusation de s'être laissé corromprepar Harpalus, qui s’était révolté contre Alexandre,et cherchait à soulever les Athéniens ; mais dès quele roi fut mort, on le rappela. H reprit tout son as-cendant, etfit déclarer la guerre à Antipater , gouver-neur de Macédoine. Les Athéniens ayant échoué, An-tipater exigea qu'on lui livrât Démosthènes , ainsi quetous les orateurs. 11 s'enfuit alors dansl’île de Calaurie ,et se voyant près de tomber entre les mains de sonennemi, il s’empoisonna, l’an 322 av. J.-C. On admiresurtout dans Démosthènes la concision, l’énergie, lemouvement, le sublime. Ce grand homme travaillaitbeaucoup ses ouvrages, ce qui faisait dire à ses en-vieux que ses harangues sentaient l’huile. Ceux deses discours que l’on estime le plus, avec les Phi-lippiques et les Olynlhietmes, sont le discours surY Ambassade d'Eschine, dans lequel il accusait cetorateur de s'être laissé corrompre par Philippe, etle discours pour la Couronne, où il justifie Ctésiphon qui avait proposé de lui décerner une couronne d’oren récompense de ses services, et qu’Eschine accusaitpour cette proposition. On a de Démosthènes 61 dis-cours, 65 exordes, et 6 lettres écrites au peuple d'A-thènes pendant son exil. Les éditions les plus esti-mées de ses œuvres sont celles de Jér. Wolff, avecversion latine, Bâle , 1549, souvent réimprimée; deReiske, dans scs Oratores grceci, Leipsick, 1770-75;de Bekker, dans les Oratores Attici, Oxford, 1822,Leipsick, 1823, tom. I—IV ; de Dindorf, 1825, et cellequi a été publiée à Londres , 1827, 10 vol. in-8, avecles notes des commentateurs. Ses harangues ont ététrad.enfi. parl’ab. Auger,1777,5v. in-8; nouv. éd.,rcv. p. .7. Planche, avec le grec , 1819-21, 10 r. in-8;et par M. Stiévenart, 1842. Sa Vie a été écrite parPlutarque et Libanius ; son Éloge , par Lucien.

démosthènes , général athénien , remplaça Alci-biade dans le commandement de la flotte qui devaitconquérir la Sicile (416), fut chargé avec Nicias dela conduite de cette expédition, et attaqua Syracuse .Après de nombreux revers, il fut enfin complètementbattu et se tua de désespoir ; d’autres disent qu'iltomba entre les mains des Syracusains, qui le firentpérir cruellement.

DEMOURS (Pierre), né à Marseille en 1702, morten 1795, fils d’un pharmacien de Marseille . Il étaitdéjà un chirurgien distingué lorsque, par le conseild'Antoine Petit , il se livra au traitement des mala-dies des yeux. Il y obtint bientôt un grand succès etenrichit de plusieurs découvertes la chirurgie ocu-laire. — Son fils, Antoine-Pierre, né à Paris en