EPAC — 564 — EPER
av. J.-C., les Eoliens quittèrent la Grèce et vinrents’établir dans la partie nord-ouest de l'Asie Mi-neure qui prit d'eux le nom d’Eolide . Le dialecteque parlaient les Eoliens est celui qui s'écarte lemoins de la langue primitive; aussi a-t-il beaucoupd’affinité avec le latin ; il diffère peu du dialectedorien, et ce qui le distingue surtout, c’est l’aspi-ration des voyelles initiales figurée par le digam-ma dit éolique (F). Alcée, Sapho et Corinne ontécrit dans le dialecte éolien, ainsi que Pindare .
EON DE BEAUMONT (le chevalier), personnageque l'ambiguité de son sexe a rendu célèbre, néen 1728 à Tonnerre, était fils d’un conseiller auparlement. 11 portait une jolie figure et n'avait pasde barbe, ce qui lui donnait la facilité de se fairepasser pour femme. Chargé par Louis XV d'unemission secrète en Russie auprès de l’impératriceElisabeth, il se présenta avec le vêtement féminin,réussit à l’aide de son déguisement à voir l’impératriceen secret, gagna sa faveur, et opéra ainsi un utilerapprochement entre la Russie et la France (1756).Ayant repris ensuite les habits de son sexe, il servitavec distinction pendant la guerre de Sept-Ans.A la paix il fut envoyé à Londres comme secrétaired’ambassade du duc de Nivernais et eut part autraité de 1763. Des démêlés qu'il eut avec le suc-cesseur du duc de Nivernais, le comte de Guerchy ,lui firent perdre son titre ; il resta néanmoins àLondres où il publia des Mémoires contre le comtede Guerchy qui le firent condamner comme ca-lomniateur parle jury. Il eut dans cette ville, tou-jours en prenant l'habit féminin, plusieurs aven-tures scandaleuses. U revint en France en 1777,mais le roi lui imposa l’obligation de prendre et deconserver jusqu'à sa mort les habits de femme.On prélend que cette métamorphose était comman-dée par la nécessité de voiler certaines intriguesamoureuses dans lesquelles se trouvaient compro-mis de grands personnages, et même la reine d'An-gleterre Charlotte. Il émigra en 1790 et mourut en1810 à Londres . L’autopsie a prouvé qu’il était dusexe masculin. On a publié à Londres en 1775 lesLoisirs du chevalier d'Eon, 13 vol. in-8, qui ren-ferment, outre ses différends avec M. de Guerchy ,un grand nombre d'ouvrages de politique et d’éco-nomie financière. M. de la Fortelle a donné en1779 la Vie militaire, politique et privée de demoi-selle Eon, chevalier, etc. M. Gaillardet a fait pa-raître en 1836 les Mémoires du chevalier d’Eon, pu-bliés sur les papiers fournis par sa famille, 2 vol. in-8.
EONS, êtres intermédiaires imaginés par lesGnostiques pour remplir la distance qu’ils disaientexister entre le Dieu suprême et le Jéhovah des Juifs(dont ils faisaient une divinité secondaire), entre lePère et le Fils ou Christ, et enfin entre ce dernieret les hommes. Ces êtres purement spirituels n'é-taient autre chose que des abstractions réalisées:c'étaient la Sagesse, la Foi, la Prudence , etc. Ilsétaient appelés Eons ( du mot grec aion, cevum,temps), parce que leur existence, sans être éter-nelle, était supposée d'une durée considérable. Leurnombre était indéfini; mais ils pouvaient se grou-per en différentes espèces; Basilides en comptait365, Valentin n'en admettait que 30.
EOUA ou MlüDELBURG, une des îles Tonga,dans le Grand-Océan équinoxial, par 177° 2F long.E., 21° 24' lat. S. ; 47 kil. de tour. Cannes à su-cre,bananes. Ellefutdécouverteen 1643 parTasman.
ÉPACTE (du grec épaclai êmérai, jours intercalés),nombre qui indique combien il faut ajouter à l’an-née lunaire pour l’égaler à l’année solaire. La dif-férence entre ces deux années étant d’environ 11jours, l’épacte augmente chaque année de 11 jours,jusqu’à ce qu’elle dépasse 29; quand elle a atteintce nombre, on suppose un nouveau mois lunaireintercalé.
EPAGNE, ville du dép. de l’Eure , à 10 kil. S.de Pont-Audemer ; 2,300 hab.
EPAM1NONDAS, célèbre général thébain, s’étaitd’abord appliqué à l’étude des lettres et de la phi-losophie. S’étant lié avec Pélopidas , il l'aida à chas-ser de Thôbes les Lacédémoniens qui s’étaient em-parés de la ville par trahison. Nommé général dansla guerre qui s’alluma entre sa patrie et les Lacédé-moniens, il gagna sur ceux-ci la célèbre bataille deLeuctres (l'an 371 av. J.-C.), où périt Cléombrote ,roi de Sparte ; quatre fois il envahit la Laconie, re-leva Messène et fonda Mégalopolis en Arcadie , oppo-sant ainsi une barrière à l'ambition de Sparte ;mais il se vit près d’être condamné à mort pour avoirexcédé de quatre mois la durée de son comman-dement. Cependant, il fut quelque temps aprèsreplacé à la tête des armées thébaines, obtintplusieurs avantages en Thessalie sur Alexandrede Plières, fit de nouveau la guerre aux Lacédé-moniens, et remporta sur eux la célèbre victoirede Mautinée , l'an 363 av. J.-C. 11 reçut dans lecombat une blessure mortelle ; mais apprenant quel’ennemi était en déroute: « J’ai assez vécu, dit-il, puis-que je meurs sans avoir été vaincu. » En mêmetemps il expira. Epaminondas donna l’exemple detoutes les vertus ; il n’avait pas moins de frugalitéet de désintéressement que de génie et de courage.
EPAPHROD1TE, affranchi et secrétaire de Néron ,fut condamné à mort par Domitien pour avoir aidéson maître à se donner la mort. Epictète avait étéson esclave.
EPAPHUS , fils de Jupiter et d'Io, fut enlevéaprès sa naissance par la jalouse Junon , et livréaux Curètes; mais Jupiter irrité les tua. Epaphus eut un jour querelle avec Phaéton , et prétendit qu'iln’était point fils du Soleil, comme Clymène sa mères’en vantait; ce fut là l’origine du malheur dePhaéton ( Voy . phaéton). Selon quelques mytholo-gues, il devint roi d’Ègypte et fonda Memphis. —Lemot Epaphus est le nom grec du dieu égyptien Apis.
EPEE (abbé de l’). Voy. l'epée.
EPÉENS, nom que l'on donne quelquefois aux
habitants de l'Elide. Voy. epéus .
EPERIES, ville des Etats autrichiens (Hongrie ),ch.-l. du comté de Saros, à 230 kil. N. E. deBude; 9,000 hab.; 2 évêchés, l’un grec , l'autrecatholique. Cathédrale, hôtel-de-ville. Draps, toiles,raffineries de sucre, etc. Eaux minérales.
EPERNAY , Asprencia ou Sparnacum, ch.-l.darr.(Marne), sur la Marne, à 31 kil. N. 0. de Châlons , età 138 kil. E. de Paris ; 5,457 hab. Grand commercede vins de Champagne . Elle fut prise sur les Ligueursen 1592 par Henri IV ; le maréchal de Biron fut tuéà ce siège. — L’arr. d'Épernay a9 cantons (Anglure ,Avize, Dormans, Esternay , La Fère-Champenoise,Montmirail, Montmort, Sézanne, plus Epernay ),
210 communes et 86,452 hab. .
EPIÎRNON, Sparno, ville du dép. d'Eure-et-Loir ,à 24 kil. N. E. de Chartres et 8 kil. deMaintenon;1,600 hab. Hugues Capet y fit bâtir un château queles Anglais détruisirent sous le règne de Charles Vl.La ville d’Epernon était le titre d’une baronie quifut érigée en duché par Henri III en faveur deJean-Louis Nogaret de la Valette (Voy. ci-aprel'art, historique). Le titre de duc d'Epcrnon, apresavoir été porté quelque temps par les descend™directs de Jean-Louis, passa aux fils d'Hélène,sœur, et s'éteignit de bonne heure en la personde Mlle d'Epernon , fille du dernier gouverneurla Guyenne . — Plusieurs membres de la lamld'Epernon ont aussi porté le titre de Captai, comgouverneurs de la Guyenne ,
ËPERNON (J.-L. DE nogaret DE LA,valet™,duc d’), un des mignons de Henri III , n ® fn jd'une famille noble du Languedoc, mort en 1 Ml,comblé de faveurs pour prix de ses indignes comp