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Dictionnaire universel d'histoire et de géographie : contenant 1. l'histoire proprement dite..., 2. la biographie universelle..., 3. la mythologie..., 4. la géographie ancienne et moderne... ; ouvrage autorisé par le Conseil de l'Instruction publique et approuvé par Mgr l'Archevêque de Paris / par M.-N. Bouillet
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EUGE — 588 — EUME

Eugène (saint), évêque de Carthage en 481, |fut persécuté sous les rois vandales Huneric et Thra-simond, et mourut l’an 505 dans un monastère duLanguedoc. On a de lui une Exhortation aux ji-dttes de Carthage ; Exposilio fidei calholicœ ; Apo- |iogeticus pro fide ; Allercatio cum Arianis , dontil ne reste que des fragm. On l’hon. le 13 juill.—Disciple de S. Denys et martyr, hon. le 15 nov.

Eugène i (saint J, pape de 654 à 657, natif deRome , fut élu du vivant de Martin 1, que l'empereurConstantin II avait déposé, et tenta inutilement deramener les Monothélites . On le range au nombredes saints et on l’hon. le 27 août, jour de sa mort.

Eugène il, pape de 824 à 827, travailla à aug-menter le pouvoir des papes sous Louis-le-Débon-naire et son fils Lothaire, et tint un concile à Rome pour la réforme du clergé.

Eugène in, pape de 1145 à 1153, avait été d’a-bord moine à Clairvaux. Forcé de s'éloigner deRome, où dominait Arnaud de Brescia , il se ré-fugia à Paris et y tint un concile pour examiner leserreurs de Gilbert de la Porée. Il visita Clair-vaux en 1146 et rentra peu après dans Rome .

EUGÈNE iv , pape de 1431 à 1447, Vénitien de nais-sance et neveu de Grégoire XII , eut de longs démê-lés avec le concile de Bâle (qui le déposa et élut àsa place Félix V), lui opposa les conc. de Ferrare etde Florence (1438-39), où il proclama l’union éphé-mère des églises d'Or. et d’Occ., eut 5 combattre lesHussites, les Romains révoltés, Alph. d’Aragon, etc.

Eugène î-vm, rois d'Ecosse. Voy. écosse .

Eugène (François-Eugène de Savoie-carignan,appelé vulgairement le Prince), généralissime desarmées impériales, né à Paris en 1663, élait filsd’Eugène-Maurice (comte de Soissons , et petit-filsdu duc de Savoie Charles-Emmanuell),etd'01ympeMancini, nièce de Mazarin. Louis XIV n’ayant pasvoulu l'employer, il se rendit en Allemagne où ilobtint de l’empereur, après avoir servi quelquetemps comme volontaire, un régiment de dragons;il se distingua dans une foule d'actions, et futchargé en 1697 du commandement de l'armée im-périale. Cette même année, il gagna sur les Turcsla bataille de Zenta , qui fut suivie de la paix deCarlowitz. Lors de la guerre de la succession 5 lamonarchie d'Espagne , Eugène n'hésita pas à com-battre contre la France. En Italie , dans la campagnede 1701, il repoussa Catinat et Villeroi et s’emparade presque tout le Mantouan. En Allemagne , en1704 , il remporta avec Marlborough la mémorablevictoire de Hochstett sur les Français et les Bava-rois. De retour en Italie en 1705, il fut repoussépar le duc de Vendôme à la journée de Cassanoprès de l’Adda; mais dans les deux années sui-vantes, il fit rentrer tout le Milanais et la Lombar-die sous l’obéissance de l'empereur. En 1708, surles bords de l'Escaut, il mit les Français en dé-route h Oudenarde , et en 1709 il les vainquit en-core h la sanglante bataille de Malplaquet . En 1716,Eugène fut appelé de nouveau à combattre lesTurcs, et il remporta sur eux à Peterwaradin età Belgrade (1717) deux victoires décisives, qui lesforcèrent une seconde fois à demander la paix. Untraité avait été également signé avec la France en1714 à Rastadt; mais cette paix ayant été rompueen 1733 au sujet de la succession au trône de Po-logne , Eugène reprit le commandement. 11 nemontra plus cette fois la même activité et les mêmestalents; après avoir laissé prendre Philisbourg, il sehâta de signer la paix et se retira à Vienne. 11 ymourut en 1736. L 'Histoire militaire du prince Eug.gène a été écrite par Dumont et Rousset, 1729,par Ferrari, 1747, et par lui-même (publiée en 1810).

EUGÈNE DE BEAUHARNAIS . Voy. BEAUHAUNAIS.

EUGÊNES (monts), ramification de la chaînedes Alpes, au S. O. de Padoue . Voy. euganei.

EUGUBIUM, Eugubio ou Gubbio , petite ville del'Etat de l'Eglise, dans l'Ombrie . On y découvriten 1444 plusieurs tables d'airain chargées d'inscrip-tions étrusques fort anciennes ; elles sont connuessous le nom de Tables Eugubines .

EULAL1E (sainte), vierge et martyre, née à Au-gusla Emerita (auj. Merida, en Estramadure ), n'avaitque douze ans lors de la persécution de Dioclétien .D’une piété exaltée, elle s’échappa de la maisonpaternelle pour aller braver le juge, et renversa lesidoles en sa présence. On tenta inutilement de laramener, et on finit par la livrer aux tortures en308. On la fête le 12 février.

EULÉE, Eulœus, fleuve de l’Asie ancienne, lemême que le Choaspe. Voy. choaspe.

EULER (Léonard), célèbre géomètre, né à Bâle en1707, reçut les leçons des Bernouilli , les accompa-gna en Russie en 1727, fut nommé professeur demathématiques à St-Pétersbourg , vint en 1741 sefixer à Berlin, et retourna en 1775 à St-Pétersbourg où il mourut en 1783.llavait perdu lavuedèslage de59 ans, mais il ne b' en livrait pas avec moins d'as-siduité à l’étude. Il était membre des Académies deSt-Pétersbourg, de Berlin, associé de l'Académie desSciences de Paris, et fut pensionné par la Prusse etla Russie , etc. Get homme infatigable a produit unnombre prodigieux d’ouvrages, et a fait faire degrands pas aux sciences mathématiques, surtout aucalcul différentiel et intégral ; il appliqua l'analyseà la mécanique, à la construction des vaisseaux, etc.11 est à regretter qu'il ait eu avec d’AIembert, sonrival de science et de gloire , des démêlés oùle bon droit ne paraît pas avoir été de son côté. En-tre ses nombreux écrits, presque tous rédigésen latin, on doit remarquer VIntroduction à l'ana-lyse de l’infini , Lausanne , 1748 ; la Science navale,1749 ; les Institutions de calcul différentiel, 1755;— de calcul intégral , 1768 ; les Lettres à une prin-cesse d'Allemagne (la princesse d'Anhall-Dessau ,nièce du roi de Prusse), écrites en français , de 1760 à1762, publiées à St-Pétersbourg en 1768,3 vol. in-8.Ce dernier ouvrage, où l'auteur traite à la fois de phy-sique, de métaphysique et de logique, et où il com-bat souvent les esprits-forts, a été plusieurs foisréimprimé, notamment à Paris en 1787, par lessoins de Condorcet, qui en a retranché les passagesanti-philosophiques. M. Labey en 1812, M. Cournoten 1842, en ont donné des éditions justement esti-mées (2 vol. in-8). Euler a en outre fourni â l’A-cadémie de St-Pétersbourg une foule de savants mé-moires. h'Eloge d’Euler a été prononcé par Con-dorcet. — Euler eut plusieurs enfants qui presquetous marchèrent sur ses traces. L'aîné, Jean-Albert,né en 1734 à St-Pétersbourg , mort en 1800, partageaplusieurs prix à l’Académie des Sciences avec Bos-sut et Clairaut, et enseigna la physique à Saint-Pétersbourg. —Le second, Charles, né en 1740, rem-porta aussi plusieurs prix à l’Académie des Sciences ;il exerça la médecine à St-Pétersbourg et fut mé-decin de l’empereur.— Le troisième, Christophe, néen 1743 à Berlin , appliqua avec succès les mathé-matiques au génie militaire.

EUMATHIUS, romanoier grec, auteur supposé desAmours tflsménias. Voy. eustAthe .

EUMÉE, Eumasus , fidèle serviteur d'Ulysse ,avait d'abord été gardien des troupeaux du héros.Ulysse lui confia l'administration de ses biens pen-dant son absence. Après le retour de son maître althaqus, il l’aida à se défaire des poursuivants dePénélope .

EUMÊNE, Eumenes, un des lieutenants d’Alexan-dre, né de parents obscurs à Cardie, dans la Cher-sonèse de Thrace , avait d'abord été secrétaire dePhilippe. Sous Alexandre, il commanda le corpsdes //Aères-(c’est-à-dire compagnons). A la mortdu conquérant, il reçut en partage la Paphlagonie