TIFL — 1769 — TIGR
défunt); — Laurent Tiepolo, doge de 1268 à 1275.A sa nomination fut employée pour la première foisla singulière combinaison de hasard et d'élection quifut suivie depuis jusqu'à l’extinction de la répu-blique: — Boémond Tiepolo, conspirateur fameux,ourdit une trame à l'effet de remettre tout le pou-voir aux mains de l'aristocratie : il devait tuer ledoge (Pierre Gradenigo), dissoudre le grand conseilet le remplacer par une élection annuelle (1310).Le complot fut découvert la veille du jour où il de-vait éclater ; on se battit sur la place publique : lavictoire resta au doge. Tiepolo s'échappa, sa têtefut mise à prix ; et pour prévenir à l’avenir de sem-blables conflits, on institua le tribunal des dix.
TIERS-ETAT, ou simplement le tiers, c.-à-d.troisième ordre, nom donné en France, en Suède eten diverses autres contrées à la classe bourgeoise, paropposition à la noblesse et au clergé, qui formaientles deux premières classes, et aux habitants de lacampagne, qui n’étaient censés d’aucune classe. Desreprésentants des Communes furent sous Louis-le-Gros admis à assister aux assemblées de la nation,qui prirent alors le nom d 'assemblée des trois états.Ils n’eurent cependant voix délibérative qu’auxétats-généraux de 1302, sous Philippe-le-Bel . D’a-bord peu nombreux, les députés du tiers s'accrurentpeu à peu ; à la dernière assemblée des états,Louis XVI , par une décision du 27 décembre 1788,avait consenti à ce que les députés du tiers formassentun nombre égal à celui des députés de la noblesseet du clergé réunis : c’est ce qu'on appela le double-ment du tiers. Le nom de tiers-état cessa en France dès 1789, lors de la transformation des états-géné-raux en assemblée nationale; il ne subsiste plusaujourd’hui que comme souvenir.
TIERS-ORDRE, dits aussi Tiertiaires ou Tiercelins,nom que l'on donnait aux séculiers qui s'attachaientà un ordre religieux et en suivaient la règle sansrenoncer pour cela à la vie civile. 11 y avait un tiers-ordre de St-François, fondé en 1121 ;—de St-Augus-tin, fondé en 1401 ;— de Sl-Dominique, en 1422, etc.
TIETE ou ANHEMBI, riv. du Brésil (Saint-Paul), naît dans la Serra-do-Mar, court au N. O. etjoint le Parana par 54° 12’ long, O., 20° 35’ lat. S. ;cours, 750 kil.; navigation difficile.
TiFERNAS (Grégoire), helléniste, né vers 1415à Citla-di-Castello (l’anc. Tifernum), enseigna le grec à Naples, à Milan, à Rome, enûn à Paris , et mou-rut à Venise vers 1466. 11 acheva la traduction latinede Strabon (commencée par Guarino), et traduisit letraité De regno de Dion Chrysostôme .
TIFERNUM, nom de plusieurs villes de l'Italie ancienne : 1° Tifernum Metaurense, auj. San-Angelo-in-Vado, chez les Senones , sur le Métaure ; —2° Tifernum Tiberinum, auj. Cilta-di-Caslello ; —3° Tifernum Samnilicum, célèbre par trois victoiresdes Romains sur les Samnites en 305, 297, 295.
T1FERNUS, auj. Tiferno, riv. de l'Italie mérid.(Samnium), naît à l'O.de Dojano et tombe dans l'A-driatique, à 6 k. S. E.de Buea(Termoli ). Cours, 90 k.
TIFL1S ou TEFL1S, ville de la Russie asiatique,ch.-l. delà Géorgie , et résidence du gouverneur-général de la région du Caucase , près de la rivedroite du Kour, à 2,350 kil. S. E. de Saint-Péters-bourg , par 43° 50' long. E., 41° 43’ lat. N. ; 33,000hab. avant 1830 (à cette époque, le choléra enleva lesdeux tiers de la population). Deux archevêchés,l’un géorgien, l’autre arménien. Quelques monu-ments (belle cathédrale ; casernes, grand bazar, etc,dans la ville nouvelle). Industrie assez active, com-merce, bains sulfureux, d’où le nom de la villequi signifie ville chaude. Tiflis est auj. un pas-sage très fréquenté pour aller de l’inde en Europe parterre. Cette ville fut, dit-on, fondée au milieu duv's. (469) par le roi Vakhtang , devint importanteau ix" siècle, et fut dès lors la capitale du royaume
de Géorgie et la résidence des rois du Karthli .Gengiskhan au xii* siècle, Mustapha-Pacha en 1576la prirent et la ravagèrent. Aga-Mohammed-khan,chah de Perse, la détruisit en 1796; enûn les Russes l’occupèrent en 1801. Elle s’est bientôt relevée et abeaucoup gagné depuis ce temps.
TIGELLIN , Sofenius Tigellinus, favori et ministrede Néron , était de basse naissance ; il fit périr Syllaet Plaulius, fut l'agent des amours de l'empereuret de Poppée , et travailla à faire passer Octaviepour adultère. C’est dans ses jardins que commençal’incendie de Rome . Lors de la découverte de laconspiration de Pison, Tigellin déploya la plusgrande sévérité contre les complices de celui-ci. 11ne survécut que quelques mois à Néron , et sedonna la mort par ordre d'Othon .
TIGRANE ou D1KRAN, c.-à-d. souverain, tyran ,nom commun à plusieurs princes qui régnèrent surl’Arménie ; on en compte jusqu'à 8. — Le plus an-cien, Tigrane I , de l'antique dynastie des Ilaïga-niens, régna de 565 à 520 av. J.-C. et fut le con-temporain de Cyrus. On lui attribue la fondationde Tigranocerte, que d'autres rapportent à Tigrane-le-Grand . L’existence de ce prince est contestée.
tigrane n (ou i), dit aussi Valarsace, 1" roid’Arménie de la dynaslie des Arsacides, fut missur le trône en 128 av. J.-C. par son frère Mithri-date II, roi des Parthes , et, pendant un règne glo-rieux de 22 ans, soumit les provinces frontières duPont et de la Cappadoce , lesLazes, etc., fît la guerreaux Parthes après la mort de son frère, s’allia en-suite avec eux et les seconda dans leurs guerres con-tre les Séleucides, encouragea l'agriculture, donnades lois sages, développa la civilisation en Arménie ,et provoqua la recherche des monuments historiquesqu’il fit réunir en un corps. 11 mourut en 95.
tigrane in (ou n), dit le Grand, fils du précédent,roi de 95 à 60 av. J.-C., prit le titre de Roi des Rois,puis, ayant épousé Cléopâtre, filledeMithridate.roidePont, déclara la guerre aux Romains, envahit la Cap-padoce (83) et conquit la Syrie (70); mais bientôt Lu-culius tailla ses troupes en pièces et pritses villes prin-cipales (69). Pompée le vainquit de nouveau, lui fitpayer 6,000 talents (33,000,000 de fr. env.), et leforça à signer un traité (64) par lequel il cédait auxRomains la Syrie, la Cappadoce et la Petite-Arménie .Peu après, son second fils, nommé comme lui Ti-grane, voulut lui enlever l’Arménie à l’aide desParthes , mais il échoua dans ce projet et s’emparaseulement de la Sophène , que les Romains lui firentconfirmer par son père. Selon la plup. des historiens,c’estTigrane II qui fonda Tigranocerte (en 78). Quel-ques auteurs le font régner de 89 à 37 ou 35 av. J.-C.
TIGRANOCERTE, ville d’Arménie (Gordyène ),sur une montagne au pied de laquelle passe le Nicé-pliorius, affluent du Tigre, fut, dit-on, fondée en78 av. J.-C. parTigrane, dit le Grand, qui la peuplade 300,000 prisonniers faits en Cappadoce et ailleurs,et qui en fit la capitale de ses états en remplacementd'Artaxate; Lucullus la prit en 69, et bientôt Tigra-nocerte perdit une partie de sa population. Les unsretrouvent cette ville dans Sert , les autres dansKara-Amid ou Diarbek.
TIGRE, Tigris en latin et en grec , rivière de laTurquie d’Asie, naît sur le versant méridional duTaurus, près de Diarbek, traverse une partie du pa-chalikde ce nom, puis tout lepachalik de Bagdad (Ar-ménie , RabyIonie, Chaldée des anciens), passe à Diar-bek, Mossoul, Bagdad et Korna, reçoit le Khabour , laDiala, le Grand et le Petit-Zab,leTouz,s’unitàrEu-phrate (par la rive droite), et forme avec lui le Chat-el-Arab, qui va se perdre dans le golfe Persique . Cours,1,240 k. L'ancien Tigre arrosait Arnida, Ninive , Cté-siphon, Séleucie. La contrée comprise entre le Tigre et l'Euphrate portaitchez les anciens lenom d e Méso-potamie {entre les fleuves); les Turcs l’appellent Al-