THE — 1773 — TITI
TISCHBE1N (J.-Henri), peintre, né en 1722 àHaina dans la Hesse , mort en 1789, étudia 5 ans enFrance sous Vanloo, visita Florence, Bologne, Rome ,Venise , où il eut pour maître Piazzetta, fut peintrede Guillaume VIII, landgrave de Hesse-Cassel , di-recteur de l’Académie de peinture et d’architecturede Hesse , professeur de peinture au collège Caro-lin, et fonda une école nouvelle qui, abandonnantla manière sombre de Rembrandt , adopta l'heu-reux mélange de couleurs qui caractérise l’écolevénitienne. Tischbein a presque exclusivement peintla mythologie. — Un de ses neveux, J.-II.-Guil-laume Tischbein , peintre d'histoire et directeur del'académie de peinture de Naples, a bien méritédes artistes et des antiquaires par son magnifiqueRecueil de gravures de vases antiques (en anglais ),Naples, 1791, 4 vol. in-fol. (publ. en fr., Paris , 1803-1806, 4 vol. de 240 gravures).
T1SI (Benevenuto), peintre. Voy. Garofalo.
TIS1PHONE, une des Furies. Voy. furies.
TISSOT (Simon-André ), médecin distingué, néen 1728 à Grancy (dans le pays de Vaud ), mort en1797 , étudia à Montpellier, se fit un nom à Lau-sanne par ses cures, fut pensionné de la républiquede Genève pour ses ouvrages , occupa la chaire demédecine du collège de Lausanne (1766), et aprèsavoir rejeté de belles offres des rois de Pologne etd’Angleterre, accepta une chaire à l’université dePavie (1780) ; il revint trois ans après à Lausanne .11 a beaucoup écrit, mais il n’existe pas d'édition deses Œuvres complètes. Lui-même publia un recueilde ses ouvrages, tant latinsque français, Paris , 1769,10 vol in-12. On a ses Œuvres choisies , 8 vol. in-8, Paris , 1809, avec notes de Huile. On y distinguele traité De morbis ex manustupratione orlis (1760),traduit en français sous le titre de l’Onanisme; l’A—vis au peuple sur sa santé (1761) ; De valeludine litte-ratorum (1766), qu’il traduisit lui-même en français ,sous ce litre : De la Santé des gens de lettres, Lau-sanne et Lyon , 1769, in-12; Essai sur les maladiesdes gens du monde (1770).
TITAN (île du) , Hypœa, une des îles d’Hyères .
TITAN , fils du Ciel , et frère aîné de Saturne ,fut le père des Titans. Voy. l’article suivant.
TITANS ou T1TAN1DES, fils de Titan et de Titéeou la Terre. Titan était l'aîné des fils d'Uranus ,et pourtant il avait cédé à Saturne l’empire dumonde, mais en réservant à ses enfants, les Titans,leurs droits au trône, et en stipulant que Saturneno pourrait élever aucun enfant mâle. Ce dieun’ayant point accompli sa promesse (Voy. Saturne ),les Titans se révoltèrent, et mirent Saturne à deuxdoigts de sa perte ; ils se croyaient déjà vainqueurs,lorsque Jupiter, âgé d'un an , parut armé de lafoudre et les précipita dans le Tartare.
T1TE-L1VE, T. Livius , célèbre historien latin,né à Padoue en 69 av. J.-C., vécut longtemps àRome et à Naples, fut honoré de l'amitié d'Au-guste , qui lui confia l’éducation de Claude (depuisempereur), et, après la mort du premier (en 14),revint à Padoue , où il mourut en 18 ou 19. Outredivers écrits dont il ne reste rien, Tite-Live a laisséune Histoire romaine qui embrasse les années écou-lées depuis la fondation de Rome jusqu' à la mortde Drusus . Cet ouvrage se composait de 140 ou 142livres que l’on a distribués de 10 en 10, sous le nomde Décades. Aujourd'hui, nous ne possédons qu’àpeu près un quart de Tite-Live ou 35 livres (1-10,21-45), et quelques fragments dont un assez con-sidérable (il appartient au 91* livre). Nous avonsde plus les sommaires (dits Epitome ), qui certaine-ment ne sont pas de lui, mais qui doivent contenirde ses expressions et qui ont leur utilité. Freins-hemius a essayé de remplir par des supplémentsplusieurs lacunes de l'auteur latin (1649). Le princi-pal mérite de Tite-Live est dans le style et la
narration : rien de plus élégant et même de pluspur que son style, bien que ses contemporains luireprochassent un peu de palavinilé ; rien de plusclair, de plus noble, de mieux ordonné que son ré-cit : de plus, il a le mérite de ne point se passion-ner, bien qu'il soit favorable aux Romains plusqu'à leurs adversaires, aux patriciens plus qu'à ladémocratie : cette dernière tendance était si claire,dit-on, dans la dernière partie de son ouvrage,qu’on l’appelait le Pompéien. Les discours, en sigrand nombre dans son histoire, sont des chefs-d'œuvre ; tirés souvent de sources officielles ou au-thentiques , ils sont plus précieux peut-être que lerécit lui-même pour mettre sur la voie des vraismotifs des événements. Tite-Live rapporte fidèle-ment des traditions absurdes , des prodiges in-croyables, mais sans y croire lui-même. Tite-Live aété édité, réimprimé nombre de fois , traduit danstoutes les langues. La meilleure édition critique estencore celle de Drakenborch, Amst., 1738-46, 7 vol.in-4, reproduite à peu près dans la Bibliothèqueclassique de Lemaire, 13 vol. in-8. Parmi les édi-tions courantes, les meilleures sont celles d'A. W.Ernesti (et Schæfer), Leipsick, 1801-4, 5 vol. in-8 ;de Stroth et Dœring, 1796-1819, 7 vol. in-8; deRuperti, Gœtlingue, 1807, 4 vol. in-8 ; de Beeh-mert, Leipsick, 1825, 4 vol. in-8. Tite-Live a ététraduit en français par Dureau de la Malle et Noël ,1810-12, 15 vol. in-8, et depuis dans la collectionde M. Panckoucke et dans celle de M. Nisard .
T1THON, prince troyen, fils de Laomédon , et frèredePriam, était si beau que l’Aurore l'enleva pour enfaire son époux. Il la rendit mère de Memnon et d’E-mathion. L’Aurore obtint pour lui de Jupiter l'im-mortalité; mais ayant oublié de demander en mêmetemps qu'il eut une jeunesse éternelle, Tithon de-vint si vieux et si faible qu'il fallut l’emmaillotercomme un enfant. L’Aurore le métamorphosa encigale. 11 est à croire que Tithon avait quitté laTroade , son pays natal, pour s’établir dans une con-trée plus orientale ( la Susiane ou la Perse), ce quifit dire aux poètes qu'il avait été enlevé par l'Aurore.
T1T1CACA ou CHUCUITO, lac du Pérou , par 13°30-17» 20’ lat. S. et 71» 15-73» 12' long. O. :280 kil. sur 100. 11 reçoit plusieurs rivières et n’aaucun écoulement apparent. Au centre du lac estune île de même nom où les traditions péru-viennes placent la résidence de Manco-Capac , et oùl’on voit les ruines d'un temple du Soleil. Les in-digènes disent que les Incas jetèrent leurs trésorsdans ce lac à l'arrivée des Espagnols .
TITIEN (Tiziano vecelli , dit le), célèbre peintrevénitien, né vers 1477 à Pieve di Cadore , fut élèvede Séb.Zuccato, de Gentil tiellini, deGiorgione, maisprit bientôt rang au dessus de ses maitres, et reçutdu sénat de Venise lo titre de premier peintre dela république. Alphonse d'Este l'employa à décorerson palais de Castello. Le Titien visita ensuite di-verses villes d'Italie , et fut partout admiré ; il résistaaux efforts que fit Léon X pour le fixer à Rome ;François 1 ne réussit pas mieux à l'attirer en France .Ce grand peintre voua ses talents à Charles-Quint , quidéjà l’avait comblé de dons etd’honneurs, et de 1545à 1556 , il exécuta pour lui une foule de tableauxmagnifiques. 11 en fit beaucoup encore pour Phi-lippe II , bien qu'il fût âgé de près de 80 ans lors del’avénement de ce prince. Il mourut de la peste àVenise en 1576 à 99 ans. Le Titien est sans con-tredit le premier des coloristes ; les tableaux qu’ilcomposa à 70 et même à 80 ans attestent une fraî-cheur d'imagination vraiment inconcevable. Commedessinateur, il est loin de la perfection. Le Titien est le vrai chef de l’école vénitienne. Parmi sesélèves Horace Vecelli, son fils, le Véronèse , le Tin-toret, sont les plus célèbres. La fécondité de cepeintre ne fut pas moins prodigieuse que son génie.